D'abord, Bédard a réalisé un rêve lorsqu'il a pris le relais de Robin Clegg pour la deuxième tranche du 4 X 7,5 km masculin de biathlon, le 26 février, au Parc olympique de Whistler. «Depuis que je suis tout petit que je rêve à ça», a-t-il exposé, lundi soir, à son retour de l'Ouest du pays, encore fébrile à la mention de ce moment magique.
«Et j'y pense sérieusement depuis 2004, quand j'ai fait ma première course de l'International Biathlon Union (IBU). C'est là que j'ai réalisé que j'étais capable d'être compétitif.» Il a atteint son but à 24 ans et sept jours, respectant en plus son objectif de se classer parmi les huit premiers dans sa ronde de relais, d'où il est sorti septième. Le quatuor canadien a pris le 10e rang au final.
Mais il y a plus. C'est tout l'univers des Jeux qui a émerveillé le jeune homme. «J'ai encore de la misère à trouver les mots pour décrire l'expérience. Je m'attendais à ce que ce soit gros, mais ce l'était encore plus. Gros comme ça, je n'aurais jamais pensé. Il faut être dedans pour voir à quel point c'est gigantesque et beau», a affirmé Bédard.
D'autant plus qu'il avait eu l'occasion de suivre les cérémonies d'ouverture à partir de Munich, en Allemagne, avant de regarder la première semaine de compétitions en direct de son divan de Valcartier. «J'ai eu trois perspectives différentes, mais à chaque endroit, tout le monde tripait sur les Olympiques.»
Crosby? Pincez-moi!
Il a de plus assisté au match de la médaille d'or du hockey masculin, confrontation épique entre le Canada et les États-Unis remportée en prolongation par le pays hôte. Profitant de billets distribués aux athlètes par le gouvernement fédéral, Marc-André Bédard et son chum et condisciple Jean-Philippe Le Guellec étaient assis à quelques mètres de la patinoire.
«En revenant au village [des athlètes], on a rencontré des joueurs [de hockey] à un bar d'eau vitaminée», l'alcool étant exclu des lieux. «Et Sidney Crosby était là, deux heures après la fameuse game!» et son fameux but victorieux, se pinçait encore Bédard. «J'ai fait signer mon chandail...» a-t-il glissé, fier de son coup
Entre Vancouver et Québec, Bédard est passé par Canmore, en Alberta, où il était tenu de participer au championnat canadien. Dépourvu d'énergie, il n'a pas été en mesure de faire mieux que 4e, 10e et 11e aux épreuves individuelles, ce qui l'interdit de départ pour les trois dernières épreuves de Coupe du monde cet hiver. «Tant pis si ça gâche le reste de ma saison. Ma saison, c'était les Olympiques», a-t-il fait valoir. Son seul regret réside dans le fait qu'un nouveau règlement de l'IBU l'a empêché de participer aux courses olympiques individuelles, même si ses récents résultats étaient supérieurs à la moitié des biathloniens en lice à Whistler.
La relève assurée
Une vingtaine de minutes avant l'olympien Marc-André Bédard, neuf membres de l'équipe du Québec de biathlon sont aussi débarqués à l'aéroport Jean-Lesage. Et à la vue de l'imposante quincaillerie que ces athlètes de 16 à 23 ans transportaient dans leurs valises, pas de doute que la relève est assurée. Dirigée par Pierre Pépin, la bande du centre d'entraînement de Valcartier a rapporté pas moins de 25 médailles du championnat canadien. Édouard Côté (3 or, 1 argent), Yolaine Oddou (3 or, 1 argent), Rose-Marie Côté (3 or, 1 bronze), Audrey Vaillancourt (1 or, 2 argent, 1 bronze) et Albert Bouchard (1 or, 1 argent, 2 bronze) ont été les plus récompensés avec quatre podiums en quatre épreuves, pendant que Claude Godbout (1 argent, 2 bronze) a mérité trois rondelles métalliques et Samuel Laforest-Jean (1 argent) et Marc Veillette-Brosseau (1 bronze) une chacun. Sur la scène canadienne, la bataille se fait surtout entre Québécois et Albertains.












