«C'est une technologie maîtrisée. Nous avons toute la gamme de bois d'ingénierie et d'expertise pour réaliser un grand projet comme un nouveau Colisée. Il s'agit de se refaire la main. De plus, ce serait une belle vitrine pour tout l'Amérique du Nord, alors que le bois a une valeur écologique, puisqu'un mètre cube de bois enlève au total deux tonnes de CO2», dit Louis Poliquin, directeur de Cecobois, un organisme sans but lucratif (filiale de Québec Web) créé pour soutenir techniquement les architectes et les ingénieurs dans l'utilisation du bois en construction non résidentielle.
Les exemples abondent. À Vancouver, le toit de l'anneau de glace des prochains Jeux olympiques est supporté par des pièces de bois de 90 mètres de portée. Un aréna de 7000 personnes en Autriche fait dans les 80 mètres. À Rimouski, toutes les poutres du toit du Colisée, construit il y a 40 ans, sont en bois.
«Exposée à un feu, la pièce de bois brûle, mais crée une couche de carbonisation qui réduit la vitesse à laquelle elle brûle, alors que l'intérieur conserve sa résistance. L'acier se déforme aussi», souligne Christian Dagenais, ingénieur à Cecobois.
Les édifices à bureaux de moins de trois étages, le secteur du petit commercial léger (dépanneur, station-service, clinique médicale...) représente 50 % des mises en chantier dans le secteur non résidentiel, selon les données de Cecobois.
Actuellement, moins de 15 % des structures non résidentielles utilisent le bois, alors que le potentiel est plutôt de 80 % (potentiel total de 360 millions de pmp en incluant le multifamilial et les bois d'apparence), ce qui serait une partie de la solution à l'hécatombe qu'a subie l'industrie forestière, qui a perdu près de 12 000 emplois depuis 2005.
La municipalité de Boischatel sur la Côte-de-Beaupré vient récemment de donner l'exemple dans l'utilisation du bois dans un édifice public en réunissant l'expertise de deux entreprises québécoises, Nordic Bois d'ingénierie, une filiale de Chantiers Chibougamau, et Produits métalliques de Rimouski.
Des fermes de toit hybrides acier-bois apparentes supportent le toit du nouveau centre sportif de cette municipalité, principalement un grand gymnase de 24 mètres par 34 mètres, qui a été ouvert au public il y a un mois, au moment où le gouvernement du Québec veut tripler l'utilisation du bois dans la construction d'ici 2014 dans le but de contribuer à la relance de l'industrie forestière en crise.
«La firme d'architectes nous a fait une proposition avec l'utilisation du bois. Quand nous avons été en soumission publique, les coûts correspondaient à nos objectifs, en plus d'avoir un bâtiment très esthétique», a précisé au Soleil Carl Michaud, directeur général de cette municipalité de plus de 5500 habitants.
La firme PMI de Rimouski a contribué à ce projet qui offre un mariage des deux matériaux à partir de leur expertise.
«C'est un beau marché surtout quand il y a une volonté politique d'ajouter le bois. Mais le marché ne se transforme pas du jour au lendemain. C'est une opportunité pour nous d'être en support au lieu de voir cette demande comme un compétiteur. On se doit d'être à l'affût des nouvelles techniques de construction s'il y a des parts de marché à prendre», entrevoit Jean Pouliot, pdg de PMI.

















