«Je suis un gars d'affaires, je parle avec des gens d'affaires. Je parle le même langage qu'eux, il n'y a pas de problème de culture entre nous. Je fais mon travail, mais je ne voudrais pas décevoir personne, alors je vais être hyperprudent parce que c'est un sujet tellement chaud à Québec. Si ça marche, je l'annoncerai», se limite-t-il à répondre pour l'instant.
Le maire se dit stupéfait devant l'avalanche de commentaires sur le retour de la LNH à Québec suscités par la vente du Canadien à la famille Molson. «Souvent, dans ce domaine, ceux qui savent ne parlent pas, ceux qui ne savent pas parlent.» Habituellement loquace, le maire préfère donc laisser son silence parler pour lui pour l'instant.
Parce que la vente du Tricolore a beau avoir fouetté les ardeurs des amateurs de hockey de la capitale, l'aventure demeure extrêmement complexe. Et surtout, coûteuse. En point de presse lundi, le maire a évoqué une facture salée pour ramener une équipe à Québec. «On parle d'une opération entre 500 et 600 millions $», résume M. Labeaume, qui inclut dans son calcul le coût pour la construction d'un nouvel amphithéâtre, ce seul projet se chiffrant à plus de 250 millions $.
Reste que ce volet du retour de la LNH semble le plus facile à concrétiser, un groupe étant déjà à pied d'oeuvre pour construire un nouvel amphithéâtre multifonctionnel. J'ai ma place, dirigé par le comptable Mario Bédard, a déjà atteint son objectif de vendre 70 salons d'entreprise. Le groupe planche maintenant à augmenter le nombre de sièges individuels vendus. De 1500 sièges en juin, il espère en avoir vendu 5000 d'ici la fin de l'année.
C'est plutôt le deuxième volet de cette aventure qui pose les plus grands défis, soit celui d'acheter une équipe de hockey. Alors quand le ministre Raymond Bachand dit que le gouvernement québécois est prêt à allonger 100 millions $, «oui, ça existe», reconnaît le maire Labeaume. Mais encore faut-il trouver un investisseur avec les «poches assez profondes», pour reprendre son expression, afin justement d'y puiser les centaines de millions de dollars nécessaires.
Alors en attendant, le maire préfère se faire discret. «La population espère deux choses : que leur maire fasse sa job - et je leur dis ?Faites-vous-en pas, je fais ma job et plus? - et la deuxième affaire, qu'on ne crée pas de fausses illusions et de faux espoirs», de résumer le maire.























