À la fois citoyen, membre actif de la communauté d'affaires et locataire principal du Colisée Pepsi, Jacques Tanguay peut voir le dossier sous des angles différents. L'ajout d'heures de glace pour le hockey mineur, la rénovation du pavillon de la Jeunesse et l'achat de l'aréna de Val-Bélair, voilà des raisons pour appuyer la démarche du maire Régis Labeaume.
«Je n'aurais pas dit la même chose il y a quelques années. On s'est remis à jour au niveau des infrastructures pour la jeunesse, autant pour le hockey que le football et le soccer. On est peut-être rendu là», pensait-il à propos de la construction d'un complexe sportif multifonctionnel.
L'homme d'affaires n'est pas vraiment surpris de la fièvre propagée en fin de semaine par le premier magistrat puisque ce dernier n'a jamais caché son intérêt pour catapulter sa ville parmi les grands acteurs nord-américains de la culture et du sport. Impliqué de près dans le dossier du Super PEPS, il sait que le processus peut être assez long.
«Nous, on travaille sur le projet du PEPS depuis 2003 et il devrait être livré en 2012. Dans le cas d'un aréna, l'échéancier pourrait être plus rapide, mais on ne rentrerait pas dedans avant 2015, le temps nécessaire pour rafistoler tous les partenaires financiers, dessiner les plans et devis et faire la construction», expliquait-il, hier après-midi.
Selon lui, le moment est venu de se doter d'un équipement moderne. «Comme amateur de sport et citoyen, je pense qu'on en a besoin. Le nôtre a 60 ans, il en aura bientôt 70 et il arrivera éventuellement à sa durée de vie maximale. J'ai la conviction qu'il coûte plus cher à entretenir qu'une nouvelle bâtisse.»
Succès malgré le Colisée
En 2008, Jacques Tanguay et Claude Rousseau [le président des Remparts] avaient organisé le Championnat mondial avec succès, évitant une tache noire qui aurait été difficile à effacer au visage de Québec. Ils ont réussi leur tour de force sans se soucier de la désuétude de la patinoire de Limoilou.
«Nous n'avions pas eu à nous poser des questions parce qu'on voulait d'abord et avant tout organiser un événement accessible à tous et chacun. Par contre, si on devait présenter à nouveau une candidature pour un tournoi international [junior ou senior] pour aller chercher des revenus à la hauteur des autres villes [11 millions $ pour le Mondial junior, à Ottawa], on ne pourrait pas le faire dans le Colisée Pepsi, notamment en raison des loges corporatives. Pour le présenter, il faudrait revoir les revenus à la baisse.»
L'associé de Patrick Roy et Michel Cadrin avec les Remparts ne s'inquiète pas pour l'avenir de son club, malgré la possibilité de revoir une équipe de la LNH à Québec. «On n'est pas malheureux et on ne se pose pas de question sur l'avenir. Notre but a toujours été de faire revivre le hockey junior et aider le hockey mineur. On a fait la même chose avec le football. Dans mon esprit, il n'y aurait pas de compétition, chaque ligue a besoin de l'autre. Pour ce qui est de notre domicile, on jouera où l'on nous le dira!»



















