J'en conclus, si on suit la logique du haut gradé, que celui-ci admettait faire la guerre aux pauvres. C'est troublant que, dans ce monde, des militaires en viennent à de telles conclusions. N'auraient-ils pas la responsabilité morale d'avertir, comme partie belligérante, les politiques qui les dirigent, que la guerre entreprise en sera une injuste et que, par conséquent, elle risque d'être perdue, si ce n'est pas du point de vue militaire, ce sera sûrement du point de vue politique ?
La légitimité d'une guerre, à l'époque des démocraties modernes ou des régimes populaires, n'affecte-t-elle pas finalement les conditions d'une victoire ou d'une défaire parce que les populations du Nord ou du Sud ne supporteront pas indéfiniment une guerre injuste.
En ce début du XXIe siècle, qui semblait si prometteur pour l'avenir de l'humanité, je dois en venir à l'évidence que si l'humanité veut survivre, sans devenir complètement schizophrène ou taraudée d'inextricables contradictions, le «droit de se défendre» devra être limité.
La guerre aux pauvres se transformera ultimement en guerre des pauvres et elle n'aura de règles que celles qui assureront la survie d'une humanité devenue allergique aux riches agresseurs sans plus de considération pour ce que nous avons conquis de droits humains. Drôle de paradoxe qu'il faille aller si loin dans la barbarie pour que ceux que nous qualifions de «barbares» finissent par vaincre et survivre en détruisant de ce que nous prétendons avoir érigé comme sommet de civilisations.
Guy Roy
Québec Solidaire Lévis










