Gin tonic et crashed ice

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Gin tonic et <i>crashed ice</i>

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Le maire de Québec demandant aux Québécois d'acheter du Red Bull.

Photo Le Soleil, Yan Doublet

Comme d'autres, j'ai senti un vent de fraîcheur lorsque M. Labeaume est entré en fonction comme maire de Québec. Il nous faisait sortir de l'ère de crispation et du ras-les-paquerettes qui venait de le précéder. Je me souviens des accents presque lyriques que le nouveau maire adoptait alors en parlant de son engagement envers les moins nantis. Il en faisait le serment, disait-il, devant les caméras.

Que s'est-il passé depuis? Le changement de cap est radical. Il y a la gestion comptable des dépenses publiques d'un côté, et les événements festifs, de même que les liens avec les promoteurs en tous genres, de l'autre. Voilà ce qui a accaparé l'esssentiel des énergies du maire. On en est presque venu à confondre la haute voltige liée, comme on le sait, à la politique de coulisses des petits ou des gros villages du Québec, ou le vol plané, genre crashed ice, avec la hauteur de vue qui a pourtant tellement fait défaut au cours des dernières années en matière de politique municipale à Québec.

Le maire a nettement partie liée avec les promoteurs de tout acabit, Chambre de commerce en tête,  prêts à «disneyiser» la vieille ville pour engranger plus de cash. Bien sûr, il se trouvera plein de citoyens des banlieues pour supporter les festivités d'un centre ville qu'ils visitent comme des touristes, pour faire la fête, et qu'ils quittent ensuite, peinards, pour regagner leurs condominiums, en laissant derrière eux les effets de leur passage dans le coeur d'une ville célébrée comme partie du patrimoine universel.

Parviendrons-nous un jour à nous aimer suffisamment pour refuser de nous laisser traiter comme des touristes dans notre propre ville, consommateurs de gin tonic et de Red Bull pour satisfaire la poignée de commercants qui se limitent à chercher le maximum de rentrées de fonds dans le minimum de temps?

Serge Genest, Québec

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