Moins de pauvreté, plus de santé

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Moins de pauvreté, plus de santé

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Photothèque Le Soleil

Plusieurs auraient avantage à partager la «lucidité» tardive de l'ex-ministre Claude Castonguay qui abandonne, pour l'instant et en raison de la crise économique actuelle, l'idée de mettre fin à la gratuité dans le réseau de la santé. Quand les statistiques fiscales rappellent que quatre Québécois sur dix disposent d'un revenu inférieur à 20 000 $, crise ou pas, il est souhaitable de pousser cette lucidité encore plus loin.

La pauvreté est le premier déterminant de la santé. Si l'idée fait consensus, peu d'actions en tiennent compte. On estime qu'environ 20% des dépenses en santé sont attribuables aux conditions engendrées par la pauvreté, ce qui représente cinq milliards $ dans le budget annuel du ministère de la Santé. Pourtant, le refus est catégorique lorsqu'on parle d'augmenter les revenus des personnes en situation de pauvreté. On bafoue les droits de centaines de milliers de Québécois en les maintenant en situation permanente de lutte pour leur survie, sans garantie pour leur santé et leur dignité, privant ainsi notre société de contributions précieuses. Personne ne réagit, à l'exception de ceux et celles qui voient le salut dans les hausses de tarifs, le recours au privé ou l'imposition d'une franchise pour les usagers et usagères du système de soins. C'est inacceptable.

Impossible de passer à côté: il faut assurer l'universalité et la gratuité du système public de soins de santé, élargir la couverture de l'actuel régime d'assurance médicaments et mieux soutenir les services de première ligne. Il faut réaliser le droit de toutes et tous à la santé et améliorer le bien-être collectif par le rehaussement des revenus des personnes vivant la pauvreté.

Comment le faire? Des solutions existent. Parmi elles, répartir la richesse à la source, notamment par des salaires plus justes, et combattre les inégalités par des mesures de redistribution plus vigoureuses. Sinon, le Québec s'enferme dans un cercle vicieux où la pauvreté drainera de plus en plus de ressources humaines et économiques. À ce petit jeu-là, peu sortent gagnants et ce sont toujours les mêmes. Bizarrement, ce ne sont ni les pauvres, ni les malades.

Robin Couture

Collectif pour un Québec sans pauvreté*

*Actif depuis 1998, le Collectif pour un Québec sans pauvreté regroupe 33 organisations nationales québécoises, populaires, communautaires, syndicales, religieuses, féministes, étudiantes, coopératives ainsi que des collectifs régionaux dans quinze régions du Québec.

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