Maintenant que tout ça est derrière nous, il faut se poser de sérieuses questions sur la gestion des événements par les autorités compétentes. De 1995 à 2007 inclusivement, soit durant treize ans, il n'y a pas eu d'inondation, parce que l'aéroglisseur de la garde-côtière avait dégagé l'embouchure de la rivière Restigouche de ses glaces avant la débâcle. Les deux dernières années, l'aéroglisseur est arrivé en retard. Résultat en 2008, il y avait quatre pieds d'eau dans la rue des Saumons, et en 2009, il y en avait un pied. Ne serait-il pas plus utile de faire de la prévention que de la gestion de crise?
Et que dire du pétrolier au quai de Dalhousie dont on a évoqué la présence pour justifier un délai supplémentaire à l'arrivée de l'aéroglisseur ? On ne nous fera pas croire que l'on ne s'est pas aperçu de sa présence que jeudi soir. Le déglaçage de l'embouchure de la Restigouche se faisait de façon ininterrompue depuis 1995. Donc, nul ne pouvait plaider l'ignorance de l'événement. Il était de notoriété publique que la garde-côtière s'en venait à Matapédia pour une opération urgente de déglaçage dans le but d'éviter une catastrophe. Comment se fait-il que personne n'ait pensé à coordonner ces deux événements? Le bien commun ne passe-t-il pas avant celui de quelques individus ou d'une entreprise ?
Ça ne fonctionne plus dans le dossier de la prévention des inondations à Matapédia. Il semble y avoir un sérieux problème de communication entre les divers intervenants. Alors, qui prend les décisions ? Pendant ce temps, les citoyens de Matapédia font les frais de ce laxisme.
Les gouvernements et leurs composantes ont l'obligation de prendre tous les moyens pour assurer la sécurité de la population. Dans le cas qui nous occupe, le déglaçage de l'embouchure de la rivière Restigouche avec un aéroglisseur est le seul moyen à leur disposition, treize années l'ont prouvé, de remplir ce devoir. Les gouvernements doivent prendre acte de la situation et s'assurer qu'en 2010, l'embouchure de la rivière soit libre de glaces avant la débâcle.
Serge Normandeau, Matapédia










