Madame à l'abattoir politique

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Madame à l\'abattoir politique

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Monique Jérôme-Forget, ex-ministre des Finances du gouvernement Charest.

Photothèque Le Soleil

La Dame de fer, Monique Jérôme-Forget, quitte le navire libéral à un bien drôle de moment: budget déficitaire au Québec, perte historique de 40 milliards de dollars à la Caisse de dépôt et placement du Québec, hausse annoncée de la TVQ pour 2011, nouvelle hausse de tarifs pour Hydro-Québec alors que celle-ci annonce du même coup un profit record de 3.14 milliards de dollars. Bref, l'ex-ministre des Finances quitte le gouvernement de Jean Charest alors que le bateau semble prendre l'eau dangereusement.

En fait, la fin de vie politique de Monique Jérôme-Forget ressemble bien davantage à un voyage à l'abattoir où l'ex-ministre aura été la bouc émissaire de très mauvaises décisions du gouvernement du Québec pour l'économie québécoise. L'équipe du cabinet de Jean Charest devrait être blâmée sévèrement pour le traitement imposé à Monique Jérôme-Forget, car au-delà de ses idées parfois douteuses, cette femme aura au moins eu le courage d'oeuvrer dans l'appareil de l'État au mieux de ses connaissances. Le Premier ministre Charest aurait pu avoir la délicatesse de ne pas l'utiliser pour ses basses oeuvres en fin de vie politique.

Plusieurs dossiers majeurs au Québec font du tort au premier ministre Jean Charest qui n'a que lui-même à blâmer: CHUM et CUSM, UQAM, système informatique coûteux à la CARRA, etc. Plus que jamais, son gouvernement se comporte avec un manque flagrant de respect pour les contribuables du Québec qui devront faire les frais de plusieurs décisions qui s'avèreront coûteuses pour la poche des contribuables.

Alors que Jean Charest nomme un des ministres les moins flamboyants de son gouvernement au poste de nouveau ministre des Finances en la personne de monsieur Raymond Bachand, le Québec aurait pu s'attendre de voir quelqu'un faisant montre d'un peu plus de leadership pour ce poste hautement stratégique en cette période de précarité économique. À moins que notre premier ministre ne veuille pas souffrir de l'ombrage d'un ministre qui serait trop visible, voire plus visible que lui. Sachant l'entêtement aveugle de monsieur Charest dans le dossier des PPP, l'orgueil de celui-ci s'impose peut-être devant le sens du devoir lors de sa prise de décision. Et c'est le «payeur de taxes» du Québec qui en fera les frais.

Jean-Guy Gagné, Rimouski

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