La candidature de Gilles Taillon est pour le moins surprenante. Je croyais qu'en se présentant en Outaouais lors de la dernière campagne électorale, il voulait sortir de la vie politique; je croyais qu'il avait jugé que l'ADQ était un bateau qui prenait beaucoup trop l'eau. Maintenant, il est candidat à la direction de l'ADQ, mais ne veut aucunement être le candidat de la rupture avec l'époque de Mario Dumont. Et surtout, il ne veut pas donner une orientation fédéraliste à ce parti, et continue de définir l'ADQ comme un parti autonomiste. Cependant M.Taillon fait fausse route lorsqu'il dit qu'il veut revenir à l'essence même du fédéralisme canadien, comme son collègue Éric Caire, et propose que le Canada devienne une confédération. Je dois dire aux deux adéquistes que jamais le Canada ne fut une confédération si on prend la définition d'une confédération, il s'agit de l'union de plusieurs États qui s'associent tout en conservant leur souveraineté. Sur quoi s'appuie M. Taillon pour dire que le Canada pourrait prendre cette direction? Je ne crois pas qu'il y ait une appétit pour une telle réforme au Canada. On est vraiment en droit de se demander de quelle façon, un éventuelle gouvernement adéquiste agirait en matière de relations avec le fédéral. Si l'ADQ pouvait enfin régler cette question, il faudrait qu'elle devienne autre chose qu'une simple fédération des insatisfaits.
André Tremblay, Pont-Rouge