Cours de morale bien adapté

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Les politiciens du Québec ont manqué d'audace en n'abolissant pas carrément tout enseignement à caractère religieux à l'école primaire. Le cours qu'ils ont décidé d'instaurer est loin de réellement satisfaire tant les croyants que les non-croyants. Les décideurs ont voulu déconfessionnaliser l'école mais la voie empruntée peut être questionnée.

Est-ce vraiment réaliste et opportun de placer l'enfant du primaire, dès l'âge de six ans, en face d'une panoplie de courants religieux dans le monde? Ne risquons pas ainsi de le troubler, pris qu'il pourrait être entre la religion de ses parents ou l'athéisme de ceux-ci et un discours qui lui présenterait les religions comme étant bonnes et toutes aussi valables? Ma conviction est qu'une telle formation de base relève des parents qui peuvent légitimement transmettre leur foi à leurs enfants en collaboration avec les responsables de leur confession religieuse s'ils le souhaitent. C'est une responsabilité qui leur revient. Sur ce point les décideurs politiques ont vu juste.

Jusqu'au changement amené par l'État, les parents pouvaient inscrire leurs enfants en enseignement moral s'ils ne voulaient pas que ceux-ci reçoivent l'enseignement religieux. Ce cours de morale naturelle bien structuré et combien formateur aurait dû demeurer et être offert à tous les enfants du primaire. Ainsi, les parents de toutes les confessions et les parents non-croyants auraient certainement mieux accepté le changement, d'autant qu'il ne semblait pas possible de revenir en arrière. Au secondaire, une approche comme celle préconisée dans le nouveau programme m'apparaît beaucoup plus pertinente. Les adolescents renseignés sur les grandes religions du monde pourront s'ouvrir à la diversité des cultures. Ils sont alors plus aptes à recevoir un tel enseignement tout en demeurant fidèles à la foi de leurs parents si tel demeure leur choix.

Nos décideurs politiques ont agi avec trop de précipitation dans le dossier de l'enseignement religieux confessionnel dans nos écoles. Leur intention était bonne mais les choix qu'ils ont faits l'étaient beaucoup moins. Il n'est jamais trop tard pour s'amender. Qu'ils retirent leur nouveau programme du cours primaire et qu'ils ramènent le cours de formation morale pour tous.

Benoît Descôteaux, Montréal

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