À l'instar du Portugal et de la France, pour ne nommer que ceux-ci, le Québec s'est doté, il y a plus de 30 ans d'une loi avant-gardiste sur la qualité de l'environnement. Celle-ci, à l'origine, devait encourager les citoyens à participer au débat environnemental. Quant à elles, les chartes québécoises et canadiennes des droits et libertés garantissent le droit à la santé ainsi qu'un environnement sain et sécuritaire à tous les citoyens alors que le B.A.P.E devrait éclairer les prises de décisions de nos élus. En principe, nous devrions donc nous croire bien protégés. Malheureusement, à observer le désordre dans lequel s'effectue le développement industriel, on peut se demander si ces lois et organisme ne sont pas demeurés au stade des voeux pieux et ne font pas plutôt office de simulacres de démocratie!
Pourquoi ? Pour qui ?
Un pouvoir économique bien identifié a forcé le gouvernement Charest à faire taire certains ministres désireux de s'acquitter de leurs tâches de façon responsable. On a ainsi limogé Thomas Mulcair, alors ministre de l'Environnement et on l'a remplacé par des personnes dont l'agenda politique était on ne peut plus clair : faire passer Rabaska, coûte que coûte. Tous ces organismes, toutes ces lois qu'on a délibérément choisi de ne pas consulter ou dont on n'a pas tenu compte, dont les Loi sur la qualité de l'environnement, Loi sur le développement durable, Charte des droits et libertés, Commission de protection du territoire agricole, Départements de Santé publique, ministère de la Justice, ministère de la Sécurité publique, Commission des biens culturels et j'en passe: Pourquoi? Pour qui?
Nous avons malgré tout gagné plusieurs batailles: le référendum de Beaumont, la résolution de Lévis contre Rabaska, l'échec du port de Québec qui tentait, par un SLAPP, de faire taire les opposants, les avis d'experts reconnus mondialement, contre le projet et principalement celle de l'opinion publique, de plus en plus favorable à notre cause. Contre vent et marée, les opposants au projet ont toujours su se tenir debout avec rigueur et persévérance, malgré une guerre dont l'issue semblait perdue d'avance. Cette guerre n'est pas achevée mais le brouillard dans lequel navigue présentement Rabaska, privé de capitaine, était prévisible: on n'a qu'à consulter les nombreux mémoires déposés au BAPE par les opposants pour s'en convaincre. La victoire de tout ceux qui ont voulu faire avaler ce projet insensé, semble aujourd'hui bien amère, surtout avec l'arrivée de Gazprom comme partenaire.
Je quitte Beaumont aujourd'hui, non sans regret, mais avec le sentiment d'avoir donné le meilleur de moi-même pour ma famille et mes concitoyens. Si j'ai été incapable de donner une meilleure planète à nos enfants, j'aurai toujours la consolation de donner de meilleurs enfants à cette planète.
Yves St-Laurent, ex-porte-parole Coalition Rabat-joie et ex-porte-parole Collectif National Stop au Méthanier










