Il n'est pas question de défendre les hommes et les femmes politiques au pouvoir à Ottawa, ni de remettre en cause l'apport historique ou passé de Radio-Canada, mais on peut remettre en cause son rôle actuel tant sur le territoire québécois, que dans l'ensemble du Canada.
Radio-Canada n'est plus ce qu'elle était. Elle est devenue une entreprise de loisir et d'amusement. Les universitaires y sont négligés et les comédiens ou les humoristes sont devenus les savants et les commentateurs de tous les événements qui se produisent sur la planète.
De plus, Radio-Canada n'a plus un impact important sur la modernisation de la langue ni sur sa qualité. On n'hésite pas à interviewer régulièrement et à répétition des citoyens qui «joualisent» ou qui sont obligés d'émailler leur discours de mots anglais. Ses animateurs répètent les fautes communes (anglicismes, prononciation, calques) entendues sur la rue ou aux autres stations en dépit des efforts des grammairiens.
Enfin, on notera que Radio-Canada est devenue une radio gouvernementale, la radio officielle de l'État fédéral. Le moindre rot ou le moindre déplacement des ministres de l'État central sont décrits et commentés. Parfois, on se demande si le Québec existe encore dans l'esprit des dirigeants de la première chaîne.
Radio Canada mérite mieux que le sort qu'on lui réserve à Ottawa. Les minorités françaises en ont besoin. Les Québécois aussi, mais il ne faut pas les cacher, les ignorer ou leur faire porter un masque canadien lors de reportages faits de Paris ou de Kandahar, ou à la suite d'un match de tennis joué à Paris. On devrait aussi améliorer les normes du français utilisé et mis en onde. La dénonciation de monsieur Derome aurait dû, non seulement mettre sous les réflecteurs les réalisations passées, mais aussi souligner les dérives et les failles actuelles du réseau.
Gaston Bernier, Lac-Sergent










