Honduras : double langage des États-Unis

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Honduras : double langage des États-Unis

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Une manif des supporteurs du président élu Manuel Zelaya, renversé par les militaires du Honduras.

Photo AP Arnulfo Franco

Voilà maintenant plus de trois semaines que le président élu du Honduras a été renversé par les militaires du pays, avec la complicité entre autres, de l'oligarchie et de l'Église catholique. Dénoncé dès lors par toute la communauté internationale, les choses semblent néanmoins traîner en longueur afin que Manuel Zelaya regagne son poste à la tête du pays. Même si en apparence, les États-Unis ne reconnaissent pas les putschistes, ces derniers semblent étrangement bien à l'aise en défiant ouvertement les «préoccupations» de Barack Obama, qui a affirmé ne reconnaître comme président, que M. Zelaya. Serait-on ici en train d'assister à la tactique si souvent utilisée par l'empire, celle du double language; dénoncer en surface et applaudir en dessous de la table ?

 

En tout cas, les grands médias sont plutôt muets sur tous les enjeux et les dessous de ce coup d'État. Une dépêche d'Associated Press titrait ainsi : «Amnistie possible pour Zelaya au Honduras». Voilà qu'on tente de faire passer le bon pour le méchant, comme si ce n'avait pas été suffisant de nous avoir servi des dépêches mettant presque sur un pied d'égalité les bandits ayant renversé l'ordre constitutionnel, enlevé des libertés civiles, tiré sur le peuple sans défense, d'une part, et d'autre part, le président élu démocratiquement, enlevé à son domicile pendant son sommeil et chassé du pays.

 

Les médias n'ont pas cessé de nous marteler que le président du Honduras avait été renversé parce qu'il voulait effectuer une consultation populaire dans le but de pouvoir se représenter pour un deuxième mandat. Ce qui n'est que désinformation et demi vérités, puisque la Constitution actuelle ne lui permettait justement pas de se présenter à nouveau en novembre prochain. Cette consultation populaire qui devait avoir lieu, n'avait pour but que de pouvoir rajouter un «ballot» supplémentaire à ces élections, afin que la population puisse se prononcer sur la tenue d'une assemblée constituante devant élaborer une nouvelle constitution. Bien sûr, constitution qui entre autres choses, permettrait dans l'avenir à un quelconque président de briguer un deuxième mandat.

 

Mais, beaucoup plus que ce chapitre de fréquence de mandats, que les médias taisent à propos de cette éventuelle nouvelle constitution, devant redonner  au peuple les pouvoirs qu'il n'a pas actuellement. Pouvoir de se sortir de la pauvreté, de l'analphabétisme et de l'exclusion. Un avant goût des desseins «cyniques» de ce président destitué, nous avait aussi été donné : décret d'une augmentation de 60% du  salaire minimum, bien entendu passé sous silence par la presse.

 

Michael Walsh, Boischatel

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