En tout cas, les grands médias sont plutôt muets sur tous les enjeux et les dessous de ce coup d'État. Une dépêche d'Associated Press titrait ainsi : «Amnistie possible pour Zelaya au Honduras». Voilà qu'on tente de faire passer le bon pour le méchant, comme si ce n'avait pas été suffisant de nous avoir servi des dépêches mettant presque sur un pied d'égalité les bandits ayant renversé l'ordre constitutionnel, enlevé des libertés civiles, tiré sur le peuple sans défense, d'une part, et d'autre part, le président élu démocratiquement, enlevé à son domicile pendant son sommeil et chassé du pays.
Les médias n'ont pas cessé de nous marteler que le président du Honduras avait été renversé parce qu'il voulait effectuer une consultation populaire dans le but de pouvoir se représenter pour un deuxième mandat. Ce qui n'est que désinformation et demi vérités, puisque la Constitution actuelle ne lui permettait justement pas de se présenter à nouveau en novembre prochain. Cette consultation populaire qui devait avoir lieu, n'avait pour but que de pouvoir rajouter un «ballot» supplémentaire à ces élections, afin que la population puisse se prononcer sur la tenue d'une assemblée constituante devant élaborer une nouvelle constitution. Bien sûr, constitution qui entre autres choses, permettrait dans l'avenir à un quelconque président de briguer un deuxième mandat.
Mais, beaucoup plus que ce chapitre de fréquence de mandats, que les médias taisent à propos de cette éventuelle nouvelle constitution, devant redonner au peuple les pouvoirs qu'il n'a pas actuellement. Pouvoir de se sortir de la pauvreté, de l'analphabétisme et de l'exclusion. Un avant goût des desseins «cyniques» de ce président destitué, nous avait aussi été donné : décret d'une augmentation de 60% du salaire minimum, bien entendu passé sous silence par la presse.
Michael Walsh, Boischatel
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