Pour appuyer son argument, Mme Bertrand cite deux cas, le métro de Laval et l'îlot Voyageur, qui ont été l'occasion de dérapages. A contrario, on peut citer au moins deux cas, Expo 67 et le pont-tunnel Louis-Hippolyte-Lafontaine, qui ont été réalisés à l'intérieur de l'échéancier et du budget, donc sans dérapage, et en mode conventionnel. Bien plus, ces deux projets comportaient une complexité autrement plus importante que les 16 projets soumis à l'attention de l'Agence des PPP. Apporter de tels exemples permet simplement de constater que l'introduction de cas d'espèces dans le débat n'en favorise nullement la rationalité.
Pour en arriver à un vrai débat rationnel, il aurait fallu que l'État québécois, lorsqu'il a mis le cap sur les PPP, puisse démontrer clairement le bien-fondé de sa décision. Or, c'est exactement le contraire qui a été fait et cela est normal étant donné que le PPPisme ne peut exister sans opacité. En effet c'est une question d'affaire pour des investisseurs qui n'ont pas à rendre compte au public des conditions financières qui prévalent dans leur marché. On se rend compte que les financiers sont alors en position de faire leur profit de l'argent public, ce qui revient à dire en abuser peut-être.
C'est ce qui a amené le professeur Elliot Sclar, spécialiste du développement des infrastructures à l'Université Columbia de New York (Le Devoir, 25 mars 2009), à prédire que les PPP seront la «prochaine génération du scandale des prêts hypothécaires». À titre de pdg d'un organisme canadien important, Mme Bertrand serait sans doute bien reçue par ce dernier si elle croyait utile d'aller «débattre rationnellement» avec lui du mode PPP.
Jean-Marie Desgagné, ing.
Québec










