La lecture du manifeste du FLQ a été suivie de la lettre écrite par Pierre Laporte à Robert Bourassa peu de temps avant sa mort. En lisant ces deux textes dans cet ordre précis, il est évident que les actions du FLQ n'étaient pas glorifiées, au contraire. Par contre, les injustices économiques dénoncées dans le manifeste sont toujours d'actualité. Avant tout, les évènements de la crise d'octobre font partie de l'histoire du Québec - tout comme la loi sur les mesures de guerre décrétée par Pierre Elliot Trudeau à cette même époque qu'on le veuille ou non. Malgré cela, le gouvernement Charest aurait préféré qu'on renie la devise du Québec !
Pour sa part, le maire de Québec a décidé de bouder l'évènement en raison de la présence de nombreuses personnalités d'allégeance indépendantiste et, notamment, de celle de Patrick Bourgeois (qu'il qualifie de terroriste!). Or, un descendant du général Wolfe a lu des correspondances de son ancêtre et il a reçu un accueil très courtois. Des textes de Lord Durham (qui prônait l'assimilation des francophones), Pierre Elliot Trudeau et de l'écrivain montréalais Mordecai Richler ont aussi été lus. On n'a plus les «séparatistes» qu'on avait; il manquait juste un discours de Stéphane Dion sur la clarté référendaire! D'ailleurs, les personnalités fédéralistes dont j'ai parlé ont eu recours à la démagogie pour faire des amalgames entre le FLQ, les organisateurs du Moulin à paroles et le mouvement indépendantiste.
En réalité, René Lévesque a condamné très sévèrement les actions du FLQ, tout comme ses successeurs au sein du Parti Québécois, du Bloc Québécois et, plus récemment, de Québec Solidaire. De plus, si ces partis politiques veulent réaliser l'indépendance du Québec, c'est de la manière la plus pacifique et démocratique qui soit, c'est-à -dire par une consultation populaire.
Au pays de la Révolution tranquille, il est hors de question d'accéder à l'indépendance par la violence. Ainsi, il me semble que cette tempête dans un verre d'eau entourant le Moulin à paroles est le résultat du sophisme dont font preuve plusieurs ténors du mouvement fédéraliste du Québec. C'est d'ailleurs pour dénoncer cette situation que Gilles Duceppe a affirmé ironiquement qu'en suivant le raisonnement des libéraux, Jean Charest devrait interdire l'hymne national français lors de sa prochaine rencontre avec le président Sarkozy !
Richard Larouche, Gatineau
















