Premièrement: nous ne ferons pas l'indépendance du Québec sans les artistes. Deuxièmement, les artistes sont à l'image de leur société. Ainsi, les organisateurs ont fortement insisté pour dire que ce serait un événement «rassembleur» en annonçant que le premier ministre Charest avait été invité à lire un texte. Cette intention cachait une contradiction qui n'allait pas échapper aux radios-poubelles de Québec lorsque la liste des lecteurs fut connue.
Des révélations accidentelles ont lancé la controverse autour de la présence d'un certain militant indépendantiste et de la lecture du manifeste du FLQ. Les organisateurs se sont heureusement tenus debout, cette fois-ci. Ce n'est que plus tard qu'ils ont reçu l'appui des leaders souverainistes.
Et c'est ainsi que le Moulin à paroles a créé un consensus unique avec l'ensemble des organisations souverainistes autour du Manifeste du FLQ. Mais pourquoi être rassembleur au point de dénaturer ce que nous avons à dire? Nous aurons nous aussi, nos «Loyalistes». Nous perdrons des Gagnon-Tremblay, des Pratte et des Charest pour gagner des Mervil, des Philpot et des Haentjens.
Enfin, à l'avenir, nos chefs compteront-ils indéfiniment sur les artistes pour exercer un leadership? Qu'ils fassent donc le nécessaire pour faire tourner le Moulin à nouveau.
Au nom du conseil d'administration
Jacques Beaumier, président du Conseil de la souveraineté de la capitale nationale
Québec










