En fait, c'est un chèque en blanc qu'une Assemblée nationale dominée par une majorité libérale servile a remis à Jean Charest. Non seulement la loi 40 suspend jusqu'en 2014 l'obligation d'équilibrer le budget de l'État québécois, mais en outre elle ne comporte aucun plan pour le retour à l'équilibre budgétaire. Pourtant, le gouvernement de Lucien Bouchard avait présenté un tel plan lors de l'adoption à la fin des années 90 de la loi interdisant tout déficit budgétaire, cette loi à laquelle Jean Charest vient de soustraire son gouvernement. Il faut se rappeler à cet égard que le Parti québécois avait hérité des libéraux en 1994 d'un déficit de près de 6 milliards$. Il avait néanmoins réussi en quatre ans à équilibrer les finances publiques du Québec, et ce, malgré les coupures sauvages dans les transferts fédéraux aux provinces effectuées par ceux et celles de la grande famille libérale qui étaient alors au pouvoir à Ottawa.
Il n'est guère rassurant pour les contribuables québécois qu'un gouvernement dirigé par un parti politique à la feuille de route aussi trouble en matière de gestion des finances publiques n'ait dorénavant à respecter aucune balise et puisse par conséquent engager le gouvernement du Québec dans les pires dérives budgétaires.
Louis Duclos (ex-député fédéral de Montmorency-Orléans, 1974-1984)
Ste-Pétronille, Île-d'Orléans
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