Il convient de rappeler ici une déclaration, souvent méconnue, du pape Pie XII aux participants du IXe congrès de la Société italienne d'anesthésiologie prononcé le 24 février 1957 et qui lui demandaient : «La suppression de la douleur et de la conscience par le moyen de narcotiques (...) est-elle permise par la religion et la morale au médecin et au patient (même à l'approche de la mort et si l'on prévoit que l'emploi des narcotiques abrégera la vie)?». Le pape répondit: «S'il n'existe pas d'autres moyens et si, dans les circonstances données, cela n'empêche pas d'autres devoirs religieux et moraux : oui».
Dans le cas de l'euthanasie passive, il est clair que la mort n'est en aucune façon voulue et recherchée, même si le risque en est raisonnablement couru. On a simplement l'intention de calmer efficacement la douleur en employant dans ce but les analgésiques dont la science médicale dispose.
Le problème de l'euthanasie passive doit être examiné à la lumière des catégories morales traditionnelles de volontaire direct et de volontaire indirect et du principe à double effet. Dans le cas du mourant, le médecin a l'intention de soulager la souffrance du malade mais, indirectement, involontairement, il accélère sans doute la fin de vie de son patient. Le geste est moralement acceptable.
Le cas de l'euthanasie active - ici, le patient souhaite mettre fin à ses jours, par lui-même ou à l'aide d'un autre -, est d'un tout autre ordre. Le malade pose ou demande de poser des gestes qui conduisent volontairement à la mort. D'une façon brutale ou accélérée. Le suicide assisté ou l'euthanasie active est-il moralement acceptable? C'est un tout autre questionnement que celui posé par l'euthanasie passive. Il ne faut pas mélanger les deux situations.
Nestor Turcotte, Matane










