Je suis malade d'avoir trop corrigé, malade d'avoir voulu donner mon maximum pour mes élèves, malade du peu de reconnaissance que la société et le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) ont pour les enseignants. Je me suis toujours investie sans compter dans mon travail et j'ai toujours eu à coeur la réussite de mes jeunes. Je croyais naïvement qu'il était de mon devoir de me dévouer pour eux.
Apparemment, j'en ai fait trop. Est-ce vraiment trop que de croire en leurs efforts et de tout mettre en oeuvre pour les canaliser ? Est-ce trop que de les accompagner dans leurs apprentissages ? Est-ce trop que de tout faire pour les aider à apprendre leur langue maternelle? J'aimerais comprendre où je me suis trompée, car je suis en train d'«en-saigner» et d'en souffrir. Je suis une enseignante perfectionniste qui ne fait jamais les choses à moitié. Toutefois, j'ai compris que mes attentes et celles du MELS étaient diamétralement opposées. Il n'attend que le minimum chez les enfants alors que moi, je désire qu'ils me donnent leur maximum. Comment voulez-vous que je ne sois pas épuisée de me battre contre une telle vision de l'enseignement?
J'envisage sérieusement de décrocher de ce milieu qui me détruit peu à peu et de rendre les armes. Le MELS devrait aider les enseignants avant qu'ils ne tombent tous au combat. Après tout, n'y a-t-il pas de plus noble lutte que de soutenir ceux qui se soucient de l'avenir de vos enfants?
Isabelle Bienvenu, enseignante en français au secondaire
Québec
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