Un grand malheur frappe-t-il leur pays d'origine, c'est tout le Québec qui est touché et qui vibre de compassion. Le nombre de spectacles-bénéfices et les sommes recueillies en témoignent éloquemment. Pour surmonter ce même malheur et reconstruire le pays, c'est encore le Québec, principalement, qui est et sera mis à contribution, celui d'origine haïtienne comme celui des autres origines, dans ses champs de compétences et de responsabilités : santé, services sociaux, éducation, immigration, sécurité, infrastructures. Et c'est normal. Haïti c'est aussi nous.
Le Québec serait souverain qu'il serait, dans le cadre de la Conférence internationale sur Haïti à Montréal, l'artisan de la mobilisation de toutes les disponibilités et des volontés internationales de participer à la relance d'Haïti. Il le serait avec l'extraordinaire expertise que ses concitoyens d'origine haïtienne ont développée ici. Il le serait avec toutes les sensibilités que 70 ans de compagnonnage lui ont permis de développer. Il n'en sera pas l'artisan. Il n'est même pas invité à cette conférence. Il y serait qu'il devrait se contenter, comme à Copenhague, d'y jouer les ONG! Volonté du Canada.
Le Canada est souverain. C'est en vertu de ce statut qu'il a convoqué cette conférence internationale. Il la présidera. Mais surtout, et encore une fois, l'expertise québécoise lui servira de marche pied pour hisser très haut son drapeau. Alors qu'au Québec, par la volonté du premier ministre Charest qui a refusé de livrer tout combat pour que Québec y soit, le drapeau sera en berne et l'État en burqa. Inexistant politiquement et étatiquement.
Gérald Larose, Montréal










