Quelle horrible surprise toutefois, à travers cette féerie, d'entendre notre hymne national exécuté dans le plus pur style «rock» avec les cris et les trémolos à la mode! J'ai bondi de mon siège, troublée de colère. Mon patriotisme n'a fait qu'un tour! Comment peut-on permettre un tel laxisme dans une circonstance où le Canada reçoit le monde entier? C'est une insulte à Calixa Lavallée et Adolphe Routhier, ces Québécois qui ont composé la musique et les paroles de cet hymne martial que tous les Canadiens ont adopté pour sa beauté et sa poésie. Imaginez la Marseillaise à cette sauce! Le président Sarkosy en ferait une crise cardiaque.
Ces jours derniers le premier ministre, M. Harper nous incitait justement à redoubler de patriotisme et de fierté. Était-il au courant qu'en cette soirée exceptionnelle on ferait de notre hymne national une fantaisie à la «pop rock»? Son calme, à mon sens, ne révélait aucune contrariété.
Quelqu'un m'a prévenue que notre hymne était galvaudé de la sorte sur plusieurs scènes, y compris lors des parties de hockey. J'ai conclu que je n'étais plus jeune et que j'avais gardé naïvement le souvenir ému de mon père qui, à l'occasion des fêtes patriotiques, se redressait comme un soldat et nous obligeait à en faire autant au moment d'entonner fièrement notre hymne national, le vibrant Ô Canada, terre de nos aïeux.
Madeleine des Rivières, Québec










