Robert Lepage crée donc Totem, un second spectacle avec le Cirque du Soleil, après Kâ. Les limites que lui impose, dès le départ, cet art qu'est le cirque, deviennent pour le metteur en scène, un défi de création, dans lequel il devra passer un message avec sa touche personnelle. Je n'aime pas l'art du cirque, mais j'aime bien les propositions du Cirque du Soleil, surtout quand il fait appel à des créateurs comme Robert Lepage. J'ai toujours l'impression que les metteurs en scène, qui se frottent au Cirque du Soleil, sont constamment confrontés à cet art de l'épatement et de l'émerveillement. Qu'on le veuille ou non, on y retrouve, comme dans la plupart des cirques de ce monde, ce petit côté «pirouette» et ce petit côté «ta dam, voici les clowns qui arrivent!»
Tant qu'à faire un spectacle de cirque, tentons d'y mettre un côté théâtral et une portée symbolique et signifiante. Abordons donc un thème et exploitons-le de la plus belle façon. Avec le génie créateur de Robert Lepage, le résultat risquera à chaque fois d'être fascinant. Le thème de l'écologie et de l'espèce humaine, visités par Lepage, sont portés de belle façon dans Totem.
Ce spectacle est une aventure porteuse d'espoir. Une fable poétique, où le mot métaphore prend tout son sens. La magie opère et Robert Lepage réussi, encore une fois, à nous proposer une oeuvre envoûtante, malgré les limites que lui imposait le médium proposé.
Yvan Giguère, Saguenay