Le chef du PLC allie à la fois l'urgence d'agir et un plan clair en cinq points ? il n'y en avait que trois au débat, mais deux autres sur les fiches du parti.
Seuls lui et Stephen Harper peuvent sérieusement songer à diriger le pays après le 14 octobre, même si Jack Layton a réitéré son ambition illusoire.
Mais pendant que le chef du Parti conservateur défendait son bilan et assurait le bon peuple que tout va très bien, madame la marquise, son adversaire libéral prenait le taureau par les cornes.
Sur l'économie comme sur l'environnement, M. Dion a réussi à passer son message de manière efficace, à mon avis, sur le thème général de «il faut remplacer M. Harper, on ne peut pas continuer comme cela».
Pendant que les États-Unis tremblent et paient cher des années de déréglementation, le Canada de M. Harper doit «rester sur la bonne voie», comme ce dernier l'a dit.
Mais justement, M. Harper, en avance dans les sondages, n'avait pas à hurler à la crise. Personne ne s'y attendait. Il a passé le plus clair de son temps à éviter les taloches de ses adversaires tous unis contre lui.
Gilles Duceppe a campé le débat comme on s'y attendait, c'est-à-dire que M. Harper est en rupture avec le Québec autant sur l'économie que sur la culture, le développement durable ou les jeunes contrevenants.
L'abandon des déclarations d'ouverture et de clôture au profit d'un plus long débat sur l'économie me chicote. D'abord, après seulement 20 minutes, au lieu des 12 prévues au départ, Stéphan Bureau est passé à un autre appel.
L'ancienne méthode donnait aux chefs une belle occasion de ramasser leur pensée même si le spectacle pouvait en souffrir.
La nouvelle formule, elle, se voulait plus dynamique, surtout en l'absence de chronométrage strict pour chaque intervention, mais elle a parfois sombré dans l'anarchie malgré les efforts de l'animateur.
J'ai vu M. Dion réclamer la parole en vain, puis plus tard la prendre sans attendre la permission. Et un peu tanné, à un autre moment, il a exigé de parler et obtenu 30 secondes de plus.
J'ai aussi vu Stephen Harper tout surpris de se voir donner le micro, parce qu'il ne suivait pas la conversation, et par la suite passer son tour en faveur de Mme May, le temps de réfléchir à sa réponse.
De fait, il a demandé la parole une seule fois, sur l'Afghanistan, signe que pour lui, le silence est d'or dans les débats en cours.
Les fils sont maintenant attachés pour le débat qui compte, celui de ce soir, en anglais. Car il faut bien l'admettre, les chefs s'affrontaient pour protéger ou arracher à peine 15 circonscriptions chaudes, au Québec.
Ce n'est certes pas négligeable, mais nous sommes encore loin du gros lot.
M. Duceppe n'attend évidemment aucun gain direct de ce deuxième affrontement. Son intérêt réside dans le nombre de jabs qu'il pourra diriger sur M. Harper pour affaiblir la position de ce dernier au Canada anglais.
Car si le Bloc peine parfois à justifier sa pertinence alors qu'il détient la balance du pouvoir, comment pourrait-il prouver qu'il demeure vraiment un service essentiel pour les Québécois dans un Parlement majoritaire mené par un premier ministre aux pouvoirs quasi absolus?
La grande banlieue de Toronto, le sud-ouest de l'Ontario et la région de Vancouver font l'objet de luttes acharnées, souvent à trois partis.
J'ai l'impression que MM. Duceppe et Dion auront encore l'air de complices, ce soir.











