Vendredi, l'un de ses amants malheureux (ne cherchez pas son nom, elle en a eu plusieurs) me disait ne pas comprendre l'empressement des médias à recevoir son ancienne flamme, quand l'économie s'écroule et que la planète Terre s'enferme dans des gaz à effet de serre autrement plus menaçants que la vengeance maléfique de Julie Couillard à l'endroit de son grand niais de Beauceron.
C'est pourtant bien simple : Couillard, c'est du roman-savon à l'américaine et du commérage à la Fleet Street britannique. Bref, c'est notre Beautés désespérées à la québécoise. Du sexe, de la politique, des gangsters, des règlements de comptes... La recette est infaillible.
Ce ne sont plus les retombées politiques qui intéressent les médias ou les émissions de variétés quand ils invitent Julie Couillard dans leurs pages ou leurs émissions. Il n'y aura pas de retombées le 14 octobre. C'est la curiosité, le voyeurisme de toute société normale qui se passionne pour la vie privée de ses vedettes ou de ses politiciens. C'est un divertissement pas cher et pas compromettant. Pas plus cher que l'abonnement mensuel au câble ou à Internet pour suivre les péripéties de Beautés désespérées ou voir la dernière parodie sur Sarah Palin.
Remarquez, il faudra bien qu'elle s'explique à la GRC, Mme Couillard. Il y a une enquête sur les documents confidentiels «oubliés» à sa résidence par le beau Maxime. Et puis, il faudra bien savoir dans quelles circonstances et dans quel but des promoteurs immobiliers en quête de contrats gouvernementaux l'ont présentée à Maxime Bernier. Mais ça viendra plus tard, après les élections.
Le plus ironique, c'est que la vengeance de l'ex-blonde du ministre, de sa première entrevue à TVA jusqu'à la publication de son livre aux Éditions de l'Homme en passant par les magazines, a été facilitée et coordonnée dans les officines de Quebecor par des gens de l'entourage d'un ancien premier ministre conservateur, Brian Mulroney. Il ne faut pas y voir un motif politique, même si on raconte que M. Mulroney n'a pas apprécié que Stephen Harper l'ait laissé tomber dans l'affaire Airbus, et qu'il ait interdit à ses ministres de communiquer avec lui. Mais c'est dire à quel point les liens sont fragiles entre les «progressistes»-conservateurs et la droite moralisatrice de l'ancien Reform Party de Stephen Harper.
Parlant de politique, Gilles Duceppe revient à Québec cette semaine et y donnera une entrevue éditoriale au Soleil. On nous dit que Stephen Harper reviendra aussi à Québec avant la fin de la campagne, mais qu'il ne se prêtera pas à une entrevue éditoriale. À l'image de ses candidats, M. Harper se fait discret. Incidemment, le candidat bloquiste dans Louis-Hébert, Pascal-Pierre Paillé, a innové hier en diffusant une vidéo dans laquelle il lance un défi au député conservateur Luc Harvey, qui a refusé trois débats publics au cours des derniers jours. Indépendamment de la démarche partisane du jeune Paillé, la vidéo est plutôt efficace. «La parole est d'argent mais le silence est d'or», nous enseigne le dicton, mais pas en politique. M. Harvey a encore une semaine pour relever le défi.











