«Ce n'est pas agréable sur le terrain, c'est parfois épouvantable», a confié un militant, sous le sceau de l'anonymat. Selon lui, Josée Verner devrait s'en sortir, mais les Sylvie Boucher, Luc Harvey et Daniel Petit seront chanceux s'ils survivent. Quant à Myriam Taschereau, ce serait un «miracle» si elle devait gagner, a ajouté le même informateur.
Ailleurs au Québec, les stratèges conservateurs admettent que leurs espoirs dans des régions comme Rimouski, Drummondville ou Trois-Rivières se sont évanouis.
Les difficultés des conservateurs inquiètent les députés de l'Action démocratique, tout particulièrement ceux de la zone 450, qui comprennent mal la décision de Mario Dumont de se coller sur Stephen Harper pendant cette campagne électorale. Réunis en caucus à Québec avant-hier, les députés ont eu l'occasion de partager leurs impressions, et leurs craintes. Ils espèrent que M. Dumont profitera de la présentation de son plan économique à Jean Charest, aujourd'hui, pour prendre un peu ses distances des politiques économiques de Stephen Harper. Les députés de l'ADQ ne voient pas leur intérêt à s'associer à un gouvernement en perte de vitesse, alors que Jean Charest grimpe dans les sondages en vilipendant certaines politiques de ce même gouvernement.
Stephen Harper tentera de ramasser les pots cassés lors d'une visite à Québec samedi ou dimanche. Il n'a pas le choix. En fin de semaine dernière, sa ministre-vedette régionale, Josée Verner, a été huée devant 3000 personnes réunies au Pavillon de la jeunesse, pour célébrer le 200e anniversaire de la Chambre de commerce. «J'ai vu des gens d'affaires applaudir pendant son discours pour l'inciter à se taire», a raconté un témoin de l'incident. Hier encore, celle-ci était impliquée dans une nouvelle passe d'armes avec le populaire maire Régis Labeaume, avec qui elle est en conflit ouvert depuis quelques jours. Ce dernier, tout comme le maire de Trois-Rivières, ne comprend pas pourquoi Stephen Harper n'a pas profité de son passage dans sa ville pour le rencontrer. Tout en reconnaissant leurs difficultés sur le terrain, les stratèges conservateurs comptent sur de meilleures organisations qu'en 2006 pour faire sortir le vote, le jour du scrutin. Ils disent avoir mis la main sur un sondage interne du Bloc québécois qui montre les deux partis sur un pied d'égalité à Québec. Ils soutiennent que la remontée du Bloc ne s'appuie pas sur une machine efficace, et affirment que le parti de Gilles Duceppe n'a même pas été capable de se trouver des greffiers et des scrutateurs dans certaines sections de vote en vue du 14 octobre. Mais une chose est certaine, les conservateurs ne trouvent pas cette année le même accueil qu'en 2006, alors qu'ils promettaient 100 $ par mois aux familles pour la garde de leurs enfants. «Quand les gens ne sont pas satisfaits, ils ne parlent pas, a expliqué un organisateur. En 2006, ils nous parlaient beaucoup du 100 $. C'était le fun. Cette année, ce n'est pas le cas.»













