Trois ministres sur 26 (David Emerson, Loyola Hearn et Monte Solberg) ont pris leur retraite, un autre (Michael Fortier) a perdu son élection, trois (Bev Oda, Gerry Ritz et Gordon O'Connor) méritent la porte pour cause d'incompétence.
Et par-dessus tout cela, Josée Verner et Jean-Pierre Blackburn doivent être mutés à des ministères où ils causeront moins de dommages.
Ces deux-là ont coupé les ponts avec leur clientèle et ne sont plus montrables dans le milieu culturel canadien dans son ensemble, pour la première, et dans les régions et le monde municipal du Québec, pour le second.
Si j'étais premier ministre, je voudrais repartir à zéro avec des têtes nouvelles, dans ces deux dossiers délicats. En fait, s'ils n'étaient pas deux des rares représentants du Québec au cabinet, je les aurais inclus dans la liste des... exclus!
M. Harper doit ainsi jongler au départ avec le tiers de ses ministres, et le jeu de la chaise musicale ouvrira d'autres postes clés.
Et si le premier ministre en profitait pour changer au passage l'état d'esprit de son gouvernement, le pays ne s'en porterait que mieux.
Réglons d'abord deux cas, les inamovibles. Jim Flaherty demeurera aux Finances pour cause de crise internationale. Ce n'est pas le moment de nommer un apprenti à ce ministère, que l'on soit ou non d'accord avec les politiques et surtout l'attitude de M. Flaherty.
Et Peter MacKay aura toujours la charge de la Défense nationale, ne serait-ce que parce que cela le tient occupé à plein temps et qu'il ne peut ainsi grenouiller dans le dos de son chef.
Mais le reste est ouvert.
Les Affaires extérieures se retrouvent à louer, avec le départ de M. Emerson : la rumeur y envoie Jim Prentice, l'un des ministres à visage humain du gouvernement conservateur.
Ce qui ouvre l'Industrie, parfait pour un Lawrence Cannon qui devra prendre soin de Montréal.
L'économie de la métropole québécoise dépend en bonne partie des prébendes fédérales dans l'aéronautique et l'industrie pharmaceutique, et elle a besoin d'un ministre qui la défende, et non d'un libertaire comme Maxime Bernier le fut lors de son passage à ce ministère.
Aussi se sont libérés ou se libéreront à la suite de ces mutations et départs des ministères importants comme les Transports, les Ressources humaines, le Commerce international, le Patrimoine, le Travail, et ainsi de suite.
Le Québec, cette fois, n'aura pas de cadeau sénatorial, a déjà dit M. Harper. Et Maxime Bernier, à mon avis, devrait continuer de se reposer encore un peu. Je ne suis pas encore prêt à le prendre au sérieux.
Mais le prochain cabinet recevra du sang neuf des banlieues de Toronto et de Vancouver, ce qui règle une partie du problème urbain du gouvernement.
Quant à nous, au Québec, on fera avec le cabinet qu'il y aura! Jean Charest et Gilles Duceppe forment à eux deux un excellent bureau de surveillance du fédéral!
Les libéraux fédéraux retombent lentement sur le plancher des vaches après leur débandade du 14 octobre. Stéphane Dion a décidé d'assurer son propre intérim et son caucus a fait contre mauvaise fortune bon coeur.
Contents et mécontents, ces derniers formant une énorme majorité des survivants, ils ont donné un message clair à leur exécutif : réglez la succession le plus vite possible.
C'est bien beau de survivre les trois ou quatre semaines de la session d'automne avec un chef en voie de disparition, m'ont dit certains libéraux cette semaine, mais ce ne sera pas la même histoire au printemps.
Les clans Ignatieff et Rae ne veulent pas se retrouver en pleine campagne à la direction avec un chef intérimaire qui demande à ses troupes de demeurer assis lors du vote sur le budget de février prochain.
L'image serait désastreuse pour les deux concurrents qui devront assumer les conséquences de cette décision et auront évidemment l'air aussi faiblards que M. Dion.
J'ai une suggestion pour les libéraux : à moins d'être suicidaires, leur prochain chef s'appellera Michael Ignatieff ou Bob Rae et provoquera des élections le plus tôt possible.
Alors, pourquoi ne pas laisser les deux présumés amis passer une fin de semaine ensemble avec quelques conseillers, se barder de sondages et de rencontres avec des groupes de discussion, et nous annoncer le lundi matin lequel se présente?
Le parti a tout à perdre à se déchirer sur la place publique devant un Stephen Harper tout souriant. Les candidats potentiels sont à peu près les mêmes qu'il y a deux ans; seuls deux d'entre eux peuvent gagner des élections.
Aux autres de tirer les conséquences de la situation et de se retirer, et le PLC aura son chef à la rentrée parlementaire du 26 janvier prochain.










