Contrairement à la campagne fédérale, qui opposait deux visions radicalement opposées de la société, la campagne électorale québécoise ne démarre pas sur de grands enjeux de société, mais simplement sur le niveau de confiance des Québécois à l'endroit des partis à l'Assemblée nationale. «Il n'y a qu'un seul enjeu dans cette campagne, c'est économie», a clamé hier Jean Charest, qui en fait presque un référendum. Lequel des trois chefs offre la meilleure équipe pour diriger le Québec dans le contexte économique actuel?
Des surprises
M. Charest aura probablement des surprises. Parlez-en à Stephen Harper, les campagnes électorales ne peuvent être planifiées à un point tel qu'il n'y ait pas d'imprévus.
Mais peu importe la teneur du débat public, la crainte d'une récession économique aura pour effet de mesurer le niveau de confiance de la population à l'endroit des trois leaders. Leur avenir personnel sera donc plus que jamais remis en cause.
À moins d'une catastrophe, Pauline Marois ne peut qu'améliorer le sort de son parti.
La constance des sondages depuis un an lui garantit à tout le moins de reprendre l'opposition officielle à Mario Dumont.
Même une victoire contre Jean Charest demeure hypothétiquement possible. Le véritable danger qui la guette serait l'élection d'un gouvernement libéral majoritaire. Les péquistes auraient-ils la patience de lui accorder un autre quatre ans à leur tête dans l'opposition? C'est peu probable compte tenu des divisions internes qui font la marque de commerce du PQ depuis quelques années.
Mme Marois a donc besoin d'une performance exceptionnelle pour garder son poste si elle devient chef de l'opposition. En termes clairs, elle doit freiner l'élan de Jean Charest, tout comme Gilles Duceppe a bloqué Stephen Harper.
Mario Dumont
L'avenir de M. Dumont paraît moins assuré. Son recul dans les sondages constitue un obstacle de taille pour le recrutement de nouveaux candidats.
M. Dumont est un politicien aguerri et peut nous réserver des surprises en campagne. Il est probable qu'il fera mieux que le score de 17 % que lui accordent les maisons de sondage. Certains de ses députés, comme Éric Caire ou Sébastien Proulx, ont acquis une belle notoriété depuis 2007. Mais un recul derrière le PQ constituerait un troisième revers très dur pour M. Dumont et l'amènerait sans doute à se poser des questions sur son engagement politique.
Jean Charest part favori et jouit de tous les avantages réservés à l'équipe gouvernementale.
Depuis un an, il montre une confiance et des réflexes nationalistes qu'on ne lui connaissait pas dans son premier mandat. Mais la position de tête sur la ligne de départ est toujours inconfortable en politique, surtout dans un univers économique aussi imprévisible.
Compteur à zéro
Une victoire à la tête d'un gouvernement majoritaire lui permettrait de préparer une sortie honorable à la fin de son troisième mandat et de rechercher de nouveaux défis dans le secteur privé, ou sur la scène fédérale. Une victoire à la tête d'un gouvernement minoritaire annoncerait un départ plus rapide et moins glorieux.
La campagne est jeune... Effacez tous les scénarios et les sondages précédents. On met le compteur à zéro. Bonne chance à tous les coureurs.











