Serait-ce que le débat économique est trop aride? Ou que les propositions des politiciens pour éviter la récession ont tellement de points en commun que peu d'électeurs seront en mesure de déterminer ce qui les différencie? Si tel est le cas, c'est davantage un chef qu'un programme politique que les Québécois choisiront le 8 décembre.
Dans un tel contexte, l'image des chefs prend toute son importance. Le message que nous envoient leurs affiches publicitaires en début de campagne mérite donc qu'on s'y arrête.
Les affiches de Pauline Marois sont probablement les plus surprenantes. Un bleu en dégradé très pâle, une candidate qui regarde vers le ciel au lieu de fixer la caméra et un slogan qui appelle au tutoiement : «Québec gagnant avec Pauline». L'affiche est douce, très belle, comme si on voulait miser sur la féminité de Mme Marois.
L'image sera-t-elle efficace? Offre-t-elle un message rassurant et compatissant devant la tourmente financière? À vous de décider. Mais le concept est original.
Mario Dumont présente une image très sérieuse. Le veston foncé occupe tellement de place qu'il n'en laisse pas à la couleur. La signature de «Mario» occupe également une grande place, cherchant sans doute à rappeler le lien de familiarité entre le «Super Mario» d'il y a 10 ans, et le «monde ordinaire» qui ne se reconnaît plus dans les autres partis. Mario Dumont veut qu'on le prenne au sérieux, cette fois. À vous de décider.
Jean Charest a le regard confiant du favori sur la ligne de départ, et le «OUI» affirmatif du vendeur qui fait une offre à un client déjà convaincu. Il a le sourire espiègle du joueur de tours qui s'attend à ce qu'on ne lui tienne pas rigueur de ces élections. La cravate est bleue, aux couleurs des nationalistes, et l'énorme «OUI» qui accompagne son slogan sur «l'économie d'abord » a été emprunté aux campagnes référendaires des souverainistes. Crédible, Jean Charest? À vous de décider.
Il est douteux que ces images de départ survivent aux 30 jours qui restent jusqu'au 8 décembre. D'ici deux semaines, les sondages commenceront à faire le bonheur des uns et le malheur des autres. Ils auront des effets immédiats sur l'humeur des candidats, la couverture de presse et l'image, toujours l'image...
Caricatures de campagne...
Les journalistes sont des caricaturistes frustrés. À défaut de ne pas avoir le talent de mon collègue André-Philippe Côté, je me permets cette petite incursion dans la caricature écrite. S'cusez-la.
? Jean Charest, c'est le présentateur de Météomédia qui annonce «la tempête qui gronde» à l'horizon et qui dit de ne pas s'inquiéter à la condition de se réfugier sous son parapluie. C'est le capitaine qui ne veut pas trois paires de mains sur le gouvernail à cause de la tempête, alors que les vrais marins vous diront qu'il faut justement s'y mettre à plusieurs pour garder le cap pendant la tempête.
? Pauline Marois, c'est le pharmacien qui affirme que son médicament souverainiste nous aiderait à affronter la récession, mais qui refuse de le mettre sur les étagères à cause de la même récession. Trouvez l'erreur.
? Mario Dumont, c'est le Tanguy qui s'accroche encore à son jeune âge pour promettre le changement, 14 ans après son arrivée à l'Assemblée nationale. M. Dumont est né le 19 mai 1970. C'est probablement ses dernières élections dans la trentaine.
Lâchez-moi Barack...
C'était inévitable, il fallait bien que nos politiciens s'accrochent à Barack Obama pour promettre un vent de changement... Et il fallait bien que certains commentateurs se pâment devant le président élu, et se désolent du peu de panache de nos leaders.
C'est vrai que l'élection de M. Obama marque un moment historique dans l'histoire des États-Unis. Et c'est vrai que le président élu semble être un politicien remarquable. Mais avant d'en faire un héros ou un modèle, il faudrait peut-être voir ce qu'il saura faire. Quand il aura sorti son pays du bourbier irakien et qu'il aura assaini les finances publiques des États-Unis, on pourra lui accorder une médaille. En attendant, c'est un peu effrayant de constater à quel point les espoirs de la planète entière reposent sur un seul homme.











