Le premier choix : ExpoCité. Il y a de la place, c'est facile à construire et accessible en transport en commun, plaide François Moreau.
Dans un monde idéal, on s'y rendrait en tramway, comme à l'époque où il y avait une ligne entre le centre-ville et le parc de l'Exposition, souhaite l'architecte.
Mais ça, vous ne le répétez pas tout de suite au maire Labeaume. Il a déjà assez de sources de stress comme ça avec les malheurs de la Bourse, les négociations et le prochain budget.
Le groupe de M. Bédard parle d'un stade de 300 millions $, mais ne dispose encore d'aucune étude.
Un stade grand comme un Centre Bell, polyvalent comme le Winnipeg Arena (hockey, spectacles) et construit sur une charpente de bois, comme on les fait parfois en Scandinavie, décrit M. Moreau.
Un stade «hyper-écologique» qui développerait aussi notre «expertise de pointe» sur le bois, un de nos «fleurons».
Un nouveau Colisée en bois, comme nos vieux hockeys Sherwood.
Cette fois, Guy Chevrette, le nouveau champion de l'industrie du bois, n'aura même pas besoin de s'en mêler, comme il s'était senti obligé de le faire pour le stade de soccer du parc Chauveau.
Nous avions spontanément tenu pour acquis que le Colisée actuel serait démoli le jour où un nouveau serait construit à ExpoCité.
La démolition est une des options, mais pas la seule, précise l'architecte Moreau. Le Colisée pourrait aussi être recyclé, comme le fut l'ancien Forum de Montréal. Parc aquatique intérieur, plateaux de tournage de cinéma, on pourrait imaginer beaucoup de choses dans un si grand volume.
Prochaine étape en attendant : faire approuver le concept d'un stade en bois au centre-ville. Puis dessiner le «plan de salle» et les images qui permettront de vendre le projet.
Si j'ai bien compté, cela fait donc trois projets d'amphithéâtre pour Québec. Celui du groupe du comptable Mario Bédard,
celui de Me Guy Bertrand et celui de Mark Charest.
Sans parler du Super PEPS et du projet de stade de football que mijote Me Marc Bellemare. On n'a pas fini d'entendre les gérants d'estrade.
1- Le projet de M. Bédard, le comptable de Mallette dont on a beaucoup parlé ces dernières semaines, a l'appui du maire de Québec et des principaux acteurs économiques de la région qui ont déjà commencé à réserver des droits de siège.
Le plan : trouver 50 millions $ auprès de citoyens et d'entreprises privées, avant de demander les 250 millions $ manquants aux pouvoirs publics.
2- On ne sait plus trop quoi penser du projet de Me Bertrand, qui pousse en vain des nouveaux stades depuis le milieu des années 90, les liant chaque fois à des casinos ou à des hôtels.
Le plus récent tourne autour d'investisseurs américains qu'il a amenés à l'hôtel de ville l'hiver dernier, mais qu'il a toujours refusé d'identifier.
Me Bertrand a aussi évoqué une participation de la nation huronne-Wendat, mais n'en avait jamais parlé à l'ex-chef Max Gros-Louis. Comme il avait omis, à l'époque, de parler à Loto-Québec de son projet de Colisée-casino.
Difficile d'en savoir plus car l'avocat ne veut plus parler de son projet en public, invoquant une clause de confidentialité.
3- Le plus improbable des trois projets est celui de Mark Charest, un citoyen de Cap-Rouge qui a fait faillite deux fois et était sans emploi au moment où il a lancé l'idée.
Il a l'appui du maire de Saint-Augustin, prêt à l'accueillir le long de l'autoroute.
M. Charest exhibe depuis deux ans des planches d'artistes pour illustrer son Nordik Center, mais n'a pas exhibé encore le moindre dollar.
Il soutient que des Européens sont prêts à investir 200 millions $, mais c'est à peine si on retrouve dans Internet le nom de son contact, Jean-Marie Bourget et de sa compagnie basée en Suisse italienne.
Une entreprise sérieuse aurait, il me semble, laissé plus de traces. Je ne crois pas du tout à ce projet.
Jean Charest vient de promettre 50 millions $ pour un nouvel amphithéâtre à Québec; l'ADQ en avait déjà proposé 60 et le PQ finira bien par en promettre aussi.
Il en faudra davantage. Et aussi des études sérieuses, car c'est une chose de construire un nouvel amphithéâtre. Une autre de le remplir et de le faire vivre.
Alors on attend. Et on touche du bois.

















