Virages chez Marois et Dumont

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Virages chez Marois et Dumont

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Le Soleil

Gilbert Lavoie
Le Soleil

(Québec) Pauline Marois annonce qu'elle concentrera dorénavant ses efforts sur la santé et l'éducation, et Mario Dumont fait son mea-culpa en admettant que son parti a déçu depuis 2007. Après 12 jours de campagne électorale et deux sondages favorables aux libéraux, les partis d'opposition changent de stratégie.

Il était temps que Mme Marois recentre son tir. En lançant sa campagne sur le thème de la récession économique, donc de l'économie, elle s'était aventurée sur le terrain préféré des libéraux où le parti gouvernemental jouit de l'avantage du pouvoir. Exemple : que fait Jean Charest aujourd'hui? Il est au quatrième Sommet Québec-New York, à Montréal, où on le verra participer à la signature de plusieurs ententes entre des entreprises et des institutions québécoises et américaines, aux côtés de son nouvel ami, le gouverneur David A. Paterson. À 16h, M. Charest suivra au microphone le président d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, qui aura fait miroiter, devant la presse québécoise, les perspectives d'avenir de nos ressources hydroélectriques, et donc du Plan Nord. «L'économie d'abord», pourra scander le chef libéral.En axant dorénavant sa campagne sur la santé et l'éducation, Mme Marois s'aventure toutefois sur un terrain difficile. Promettre que chaque Québécois aura son médecin de famille à la fin d'un mandat péquiste commande un acte de foi que peu de gens sont prêts à faire envers la classe politique. Mais à défaut de parler de souveraineté ou de combattre les libéraux sur le terrain de l'économie, la chef du PQ se tourne vers les politiques sociales qui ont fait les beaux jours de son parti.

Le virage de Mario Dumont est plus surprenant : admettre que l'ADQ a déçu dans son rôle d'opposition officielle est une chose, en prendre la responsabilité en tant que chef également, mais faire porter une partie du blâme sur le manque d'expérience de son équipe en est une autre. C'est vrai que plusieurs députés adéquistes ont démontré leur ignorance dans l'opposition officielle. Mais les grandes décisions, comme l'idée de forcer des élections sur l'abolition des commissions scolaires, c'est M. Dumont qui les a prises. De plus, le chef de l'ADQ n'avait pas que des incompétents autour de lui. Certains de ses députés se sont démarqués. Le leader parlementaire, Sébastien Proulx, a été très efficace. Le critique des finances, Gilles Taillon, a talonné le gouvernement avec fermeté dans le dossier des papiers commerciaux. Le critique en santé, Éric Caire, ne s'est pas laissé intimider par l'aplomb de Philippe Couillard. Ce sont ces députés qui ont occupé le plancher à la période de questions aux côtés de M. Dumont, et non pas les éléments plus faibles. M. Dumont jouit d'une longue expérience politique et c'est lui qui a rejeté le premier budget, sans même l'avoir vu. C'est donc un peu injuste de faire porter à l'inexpérience de ses troupes la désaffection de l'électorat.

La semaine qui s'amorce est la dernière avant le débat des chefs, la semaine prochaine. À moins d'un revirement spectaculaire dans les sondages, c'est la dernière chance de M. Dumont et de Mme Marois de mettre Jean Charest sur la défensive avant le débat.

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