La parité est non seulement au rendez-vous dans l'équipe ministérielle assermentée hier, mais les femmes y occupent le haut du pavé. La majorité des grands ministères ou des secteurs d'activité qui ont une large place dans l'actualité demeurent sous la direction des femmes.
Il y a quelques exceptions : les hommes ont la Santé, les Ressources naturelles, le Développement économique, l'Emploi, la Sécurité publique.
Mais les femmes ont les Finances, le Conseil du trésor, le Transport, la Justice, l'Éducation, les Affaires municipales, l'Environnement, l'Immigration, la Culture. Dans un passé pas si lointain, ces trois derniers ministères n'avaient pas une grande visibilité. Mais on l'a vu, au cours de la dernière année, les sujets qu'on y traite sont au coeur des préoccupations de la population.
Dans l'ensemble, le nouveau cabinet de Jean Charest ne présente pas de grandes surprises. Le premier ministre a joué de prudence. Il n'a pas brassé les cartes inutilement et a témoigné ainsi de sa satisfaction à l'endroit de la plupart de ses principaux ministres. Pourquoi aurait-il déplacé une Monique Jérôme-Forget, alors qu'elle est devenue la caution de la crédibilité financière de son gouvernement? Pourquoi aurait-il muté Line Beauchamp, qui a su prendre sa place dans l'Environnement, et défendre ses dossiers avec vigueur? Pourquoi aurait-il confié un mandat différent à Nathalie Normandeau, qui a tissé des liens intéressants dans le monde municipal? Mais surtout : pourquoi aurait-il changé la recette quand ça va bien et qu'il n'entend pas faire de grands virages? Ce nouveau cabinet n'est donc que la continuité du Conseil des ministres précédent, avec quelques titulaires en plus.
À part quelques exceptions comme l'arrivée de Kathleen Weil à la Justice ou de Pierre Arcand aux Relations internationales, M. Charest ne nous a pas réservé de surprises. Il s'est fait plaisir en profitant de l'augmentation de la taille du cabinet pour remercier certains fidèles et amis, comme Tony Tomassi ou Norm MacMillan. Il a redonné la responsabilité de la capitale à Sam Hamad, qui a eu le temps de se réhabiliter depuis l'aventure du Suroît. Et il a donné une chance aux futures vedettes du parti comme Pierre Moreau ou Dominique Vien de se faire valoir, en leur donnant accès aux délibérations des ministres.
Si la tempête économique atteint vraiment le Québec en 2009, le capitaine n'aura qu'une «paire de mains sur le volant» et un équipage qu'il connaît suffisamment bien pour éviter les mauvaises surprises.


















