L'unanimité des réjouissances et des félicitations risque de froisser la modestie de Me Aubut, mais il en a vu d'autres. II devrait s'en remettre.
Le «Kid de la Grande Allée» va brasser la cage du COC, déranger les traditions, bousculer s'il le faut les politiciens et les institutions.
Me Aubut a des idées, de l'énergie, des contacts. Il a le don de transformer la routine en happenings. Il ajoute désormais à son arsenal la légitimité d'une fonction officielle, ce qui le rendra encore plus redoutable.
Québec ne pourra qu'y gagner, car Me Aubut n'a jamais oublié d'où il vient. Probable que tous n'aiment pas le style et la grandiloquence du personnage. Mais convenons que Me Aubut est un actif pour Québec.
Si son image a souffert du départ des Nordiques en 1995, il n'en reste guère de trace. Au pire se trouve-t-il peut-être quelques nostalgiques amers qui ne lui pardonneront jamais d'avoir vendu leur équipe.
Mais les citoyens raisonnables ont compris qu'il n'avait pas le choix et que l'équipe n'était plus viable avec des salaires hors de contrôle. Même un nouveau Colisée n'y aurait rien changé.
Un Marcel Aubut président du COC peut-il aider Québec à obtenir les Jeux olympiques d'hiver? La question a surgi dès l'annonce de son élection.
Évidemment, cela ne peut pas nuire. Mais n'en tirons pas trop vite de conclusions ni de vains espoirs.
Me Aubut peut certainement aider une prochaine candidature de Québec à l'échelle canadienne. Surtout que les principales rivales, Vancouver et Calgary, ont déjà obtenu les Jeux.
Si d'autres villes devaient se manifester, la présence de Me Aubut au COC pourrait éviter que Québec soit flouée par des magouilles politiques, comme ce fut le cas lors de sa dernière candidature.
Convaincre le CIO d'accorder les Jeux olympiques à Québec sera une autre histoire. Nous sommes bien placés pour le savoir. Malgré tous ses contacts, son énergie et ses talents, Me Aubut risque de ne pas peser lourd.
Souvenons-nous que l'avocat montréalais Dick Pound était un membre influent du mouvement olympique international et un aspirant au poste de président du CIO, à l'époque de la candidature de Québec en 2002. Cela n'a pas empêché Salt Lake City «d'acheter» les Jeux cette année-là.
Avant de concrétiser le projet d'une nouvelle candidature olympique, le maire Labeaume souhaite former un comité de réflexion pour évaluer les chances réelles de Québec d'obtenir les Jeux. Il dit vouloir du «solide». Difficile d'être contre.
Là où les choses se compliquent, c'est lorsque M. Labeaume dit vouloir éviter une défaite comme celle de 2002 et ne pas avoir le goût d'essuyer trois ou quatre refus du CIO. L'histoire montre que les villes doivent souvent revenir à la charge plusieurs fois avant d'obtenir des Jeux.
Québec a fait le choix en attendant de se doter d'équipements sportifs de haut niveau et d'essayer d'attirer des compétitions internationales. C'est le mieux qu'elle puisse faire.
Pour le reste, il n'y aura jamais rien de «solide» lorsqu'il s'agit de convaincre le CIO. Ni la qualité des équipements sportifs, ni le cachet de la ville, ni sa capacité à satisfaire les exigences olympiques.
Les candidates sont à la merci du club privé qu'est le CIO qui choisit ses villes olympiques selon ses intérêts du moment : argent, politique, sport, relations personnelles.
Il existe aussi d'incertaines règles d'alternance des continents qui rendraient possible le retour de Jeux d'hiver en Amérique du Nord au mieux en 2022. Plus probablement en 2026.
Même avec la meilleure préparation, l'obtention de Jeux olympiques restera un jeu de hasard et d'influences dont le résultat sera toujours imprévisible.










