Christian Paradis, député de Mégantic-L'Érable, en a fait l'amère expérience cette fin de semaine, alors que personne ne l'avait prévenu du sale coup qu'a reçu l'Observatoire du Mont-Mégantic de la part du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, le CRSNG pour faire bref.
Le gouvernement conservateur possède comme un don pour se mettre les pieds dans les plats : une coupe infime de 325 000 $ remet en jeu l'avenir du meilleur centre astronomique au pays.
Cela me rappelle le dossier de la culture, lors de la dernière campagne électorale : le même manque de sensibilité, de flair ou de vision a encore frappé.
Pas plus tard qu'en novembre dernier, le directeur de l'Observatoire, René Doyon, a découvert avec une équipe internationale l'existence d'un autre système solaire de trois planètes qui ressemble au nôtre sur plusieurs points.
Pour les astronomes amateurs, je vous conseille de chercher dans la direction de la constellation de Pégase, et peut-être en découvrirez-vous d'autres, les chercheurs étant au tout début de leurs fouilles sidérales.
Mont-Mégantic sert aussi d'école de haut niveau : l'actuel directeur du célèbre télescope Gemini, à Hawaii, Jean-René Roy, y a amorcé une carrière qui l'a mené à la pointe de l'astronomie internationale.
Mais manque de pot, les savants responsables de la coupe n'ont pas songé un seul moment que leur victime était représentée à Ottawa par un ministre, et qui plus est par le lieutenant politique de Stephen Harper au Québec.
Je n'ose imaginer la réaction de M. Paradis en apprenant la nouvelle. Son bureau m'assure seulement qu'il «va frapper à toutes les portes imaginables pour trouver une solution» au problème.
Il n'est donc pas question que le ministre accepte bêtement la décision du CRSNG, qui reflète pourtant la nouvelle politique scientifique de son gouvernement.
Les milliards pleuvent pour les projets «pelles en main». Le dernier budget de Jim Flaherty, par contre, se montre moins généreux pour les cerveaux qui réfléchissent à long terme.
Corriger cette erreur ne sera pas facile, car la subvention a été refusée par un organisme indépendant qui a dû recycler ses programmes pour répondre aux normes conservatrices.
Jusqu'à quel point un ministre peut-il demander à un comité formé de scientifiques de revoir son jugement? Poser la question, c'est y répondre un peu.
Le budget du CRSNG a augmenté de 35 millions $ répartis sur les trois prochaines années, mais cette hausse ira à des bourses pour préparer les étudiants «à leur future participation dans l'économie renouvelée», lit-on sur son site Internet.
Traduction : ce conseil, comme les autres organismes subventionnaires, exige des résultats pratiques et à court terme.
Je n'invente rien, il écrit lui-même qu'il a réexaminé ses programmes pour en assurer «l'harmonisation avec la stratégie fédérale en matière de sciences et technologie».
D'un côté, Christian Paradis le ministre est complice de cette politique rétrograde, solidarité ministérielle oblige.
De l'autre, Christian Paradis le député a besoin de votre appui pour sauver le joyau scientifique de sa circonscription : l'Observatoire du Mont-Mégantic n'est pas un simple centre touristique ou un camping pour touristes à grosses têtes, il rayonne à travers le monde.
L'enjeu en vaut le coup. Des lettres, des appels, des pétitions, une quête publique au besoin, une vente de chocolats s'il le faut, mais de grâce, réagissez à cette décision aussi bête que honteuse!












