Les derniers faits dévoilés ont totalement eu raison du bénéfice du doute dans mon esprit. Un contributeur à la caisse électorale du Parti libéral qui touche 4 millions $ de quatre FIER différents à raison de 1 million $ chacun. Une entreprise de la Nouvelle-Écosse dont le propriétaire est en Californie, et qui touche 1 million $ sans créer un seul emploi. C'est ça, le développement régional au Québec?
Voilà un dossier que tous les parlementaires à l'Assemblée nationale devraient envoyer sans délai au vérificateur général du Québec, Renaud Lachance. Il a juridiction en ce domaine, puisqu'on parle ici d'un programme de subventions. Son équipe a l'expérience et la compétence nécessaire pour vérifier si le copinage politique qui colore ce dossier a eu pour effet de détourner le programme de ses objectifs.
Le vérificateur n'a pas besoin d'un mandat du gouvernement pour aller fouiller cette histoire. Mais il serait tenu d'agir avec plus de célérité si les parlementaires lui en faisaient la demande. Si les libéraux refusent de s'associer à une telle démarche pour des raisons partisanes, les partis d'opposition peuvent y aller seuls. Je vois mal comment le vérificateur pourrait refuser d'intervenir.
Un parti politique, c'est une grande famille. Il s'y noue de belles amitiés. Mais lorsque ces amitiés partisanes se transposent dans le monde des affaires, c'est parfois là que les choses se gâtent. Ce n'est peut-être pas ce qui est arrivé dans le programme des FIER. Mais admettez qu'il y a matière à se poser des questions lorsque des libéraux montréalais siègent au C. A. d'un FIER de Saguenay, aux côtés d'un vice-président du Parti libéral. On ne nous fera pas croire qu'il s'agit d'une coïncidence... Ce genre de situation ouvre la porte à des apparences de favoritisme ou de conflits d'intérêts qui ne servent personne.
Il y a des années que je couvre la politique. La grande majorité des hommes et des femmes qui font ce métier sont honnêtes et pleins de bonnes intentions. Ça me fait mal au coeur quand je vois des dossiers comme ceux des FIER entacher leur réputation et nuire à l'exercice du processus démocratique en décourageant les gens d'aller voter aux élections. C'est la situation que nous avons connue cette semaine à l'Assemblée nationale. L'obligation du gouvernement est de nettoyer ses écuries au plus sacrant, et de prendre les mesures pour éviter les récidives.
Voilà pourquoi il faut une enquête du vérificateur. Son rapport ne sortira que dans quelques mois, lorsque les controverses politiques sur le sujet se seront apaisées, mais il permettra de voir les erreurs qu'il ne faut pas répéter.










