C'est du côté de l'opposition que se situe l'incertitude. Au sein du Parti québécois, le départ de François Legault et l'échec de Paul Crête aux élections complémentaires dans Rivière-du-Loup viennent de lancer ce parti dans une profonde révision de ses politiques économiques et de ses stratégies. C'est dans l'opposition que les péquistes débattent le plus librement de la question nationale. L'ancien ministre Jean-François Simard en a donné un bon exemple cette semaine dans sa lettre sur le «nationalisme d'accommodement» envoyée aux journaux. M. Simard, qui a siégé au Conseil des ministres sous Bernard Landry, fait un lien intéressant entre le projet de référendums sectoriels de Pauline Marois et l'entente conclue l'an dernier par Gilles Duceppe avec les libéraux et le NPD pour renverser Stephen Harper. Dans les deux cas, il y voit la manifestation d'un désir des Québécois nationalistes d'établir un nouveau dialogue avec le reste du Canada. «À défaut de faire du Québec un pays, les péquistes font aujourd'hui le pari d'en faire une province forte au sein du Canada», écrit-il.
Cette situation comporte un risque selon M. Simard : ceux qui veulent vraiment réformer le Canada se demanderont si le PQ est le meilleur interlocuteur pour le faire, et ceux qui veulent l'indépendance auront des doutes sur la détermination des leaders
péquistes.
Qui plus est, l'appel à la lucidité lancé par François Legault trouvera son écho chez certains militants. Pauline Marois se rappelle encore à quel point les gouvernements péquistes ont dû sabrer dans les services et les salaires des fonctionnaires pour reprendre le contrôle des finances publiques sous René Lévesque et Lucien Bouchard. Elle n'est pas sans savoir que le prochain gouvernement, quel qu'il soit, aura un défi colossal après les années de déficits engendrés par la récession et les politiques libérales.
Ce genre de situation favorise les politiques de droite et pose des embûches aux tenants de la social-démocratie.
Même la droite, incarnée par l'ADQ sous Mario Dumont, est tiraillée entre les gens comme Sébastien Proulx, qui prêchent la modération et menacent de passer dans un autre parti, et les candidats à la direction qui tentent de se trouver une niche de centre-droite sur l'échiquier politique.
Indépendamment des étiquettes politiques, tous les décideurs à Québec seront aux prises à l'automne avec une réalité budgétaire de plus en plus difficile. La hausse d'un point de la TVQ, annoncée pour janvier dans le dernier budget, n'est qu'un exemple des choix qu'auront à faire les politiciens pour éviter que la situation financière du Québec ne se détériore de façon catastrophique d'ici la fin du mandat libéral.
À moins d'événements totalement imprévus, c'est donc au PQ et à l'ADQ que seront menés les grands débats de société d'ici la fin de 2009. La machine libérale pourra continuer de ronronner bien calmement, puisqu'elle n'a rien à débattre sur le plan constitutionnel, et qu'elle a trouvé refuge pour quatre ans dans la dette, pour financer ses engagements politiques.
«À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire», mais ce n'est pas ça qui inquiète Jean Charest.
N. B. ? L'été est arrivé, semble-t-il! Bonnes vacances à tous, je vous laisse pour quelque temps...












