C'est le premier quart du match Rouge et Or-Stingers de Concordia. C'est encore 0-0, mais plus pour longtemps.
Je vois l'abeille tourner autour du chapeau puis s'y poser. C'est fou comme il y a des abeilles cet automne. Tiens, encore autour de mon verre pendant que j'écris ces lignes.
Je la vois se poser sur le chapeau, disais-je. J'hésite.
Je ne veux pas que l'amie se fasse piquer, mais je ne veux pas l'assommer non plus.
Je pose doucement la main sur l'abeille puis j'augmente la pression sur la tête pour l'écraser.
Mauvaise stratégie.
Le dard s'enfonce à la base de mon index et une douleur aiguë me mord la main. Je la retire prestement, puis vois l'abeille s'envoler.
Dommage pour mes détracteurs, je ne suis pas allergique. J'ai survécu sans aide respiratoire, bien que deux jours plus tard j'avais encore la main qui piquait.
Voilà où mène parfois la douceur. On croit tenir une abeille et hop, elle vous pique et file. Le R & O ne s'y est pas fait prendre. 51-0. Il n'a laissé aucune chance aux abeilles de Concordia.
Vous avez été nombreux à réagir à la chronique de samedi sur le Moulin à paroles et au débat qui fait rage depuis la semaine dernière.
En cette veille d'anniversaire de la bataille des Plaines, vous avez l'identité nationale à fleur de peau.
«S'il faut délirer, délirons», m'a écrit avec ironie un lecteur sensible à la «liberté d'expression» que je devine favorable au Moulin.
Une célébration de la violence? Allons donc.
Il rappelle que le manifeste du FLQ se trouve aussi sur le site Internet de Radio-Canada. Sa question : «On le coupe?»
Et le Moulin à images de Lepage qui montre le caporal Lortie à l'Assemblée nationale? On le coupe aussi? Vous imaginez où cette logique nous conduirait.
Le manifeste du FLQ est un texte controversé et «dérangeant». Assez que le malaise devant ce texte est probablement le seul élément rassembleur du Moulin à paroles.
Pour ceux qui n'aimaient pas la trajectoire nationaliste de l'événement, ce manifeste a été un prétexte providentiel pour s'abstenir ou pour condamner le projet. Pour l'écraser, s'ils avaient pu.
À défaut de ce manifeste, ils auraient trouvé un autre prétexte pour s'opposer. Un autre texte délicat parmi la centaine qui seront lus; ou un lecteur dont ils n'aimaient pas la tête ou le CV.
Cela dit, je n'aurais pas voulu que le manifeste du FLQ soit lu par Jacques Lanctôt, un de ses auteurs, comme l'avaient d'abord souhaité les concepteurs du Moulin.
Il n'y aurait pas eu alors la nécessaire distance. Lire un texte controversé qui s'inscrit dans l'histoire est une chose; le faire lire par son auteur, c'aurait été en cautionner le contenu.
La discussion au conseil sur l'opportunité de réduire le salaire des élus municipaux à temps partiel venait de prendre fin lorsque le conseiller Paul Shoiry s'est glissé vers sa banquette avec quelques minutes de retard.
J'ai d'abord pensé qu'il avait été retenu au travail; M. Shoiry est un de ceux qui occupent un emploi à temps plein en plus de siéger au conseil.
Ça n'avait rien à voir.
Il arrivait de l'hôpital, où il avait accompagné sa femme pour un traitement contre le cancer. Les premiers signes de fatigue étaient apparus il y a quelques mois; le verdict est tombé la semaine dernière.
M. Shoiry s'apprêtait à mener bataille pour se faire réélire. Son organisation était prête, le financement trouvé, la passion toujours là, après 19 ans de vie publique.
Ému, il a expliqué avoir choisi de prendre une pause de la politique pour mener un combat plus essentiel. Bon courage. Et lorsque vous croirez tenir la maladie, ne lui laissez pas de chance.











