Paresseux, les Québécois?
L'inconvénient des débats à la sauvette, c'est qu'on escamote les sujets. Éric Caire, par exemple, a déploré la faible productivité des travailleurs québécois. Lucien Bouchard avait soulevé un tollé en faisant une déclaration similaire en 2006.
Selon Caire, l'explication tient au taux de syndicalisation plus élevé ici qu'ailleurs. Mais qu'en est-il au juste? Sommes-nous paresseux ou bons vivants, comme le laissait entendre Lucien Bouchard? Ou sommes-nous trop portés sur le syndicalisme, comme le prétend Caire?
Pour ceux que ça intéresse, le sujet a fait l'objet d'une étude pointue du nouveau député de Pauline Marois, Nicolas Marceau. La réponse n'est pas simple. Quatre facteurs expliqueraient cette situation selon Marceau : scolarisation moins élevée chez les 45 ans et plus; efforts moins grands en recherche et développement; investissements insuffisants en technologies de l'information et de la communication, et capitalisation plus faible en machinerie et en matériel. Bref, nos travailleurs sont moins scolarisés et moins bien équipés pour travailler. Toujours selon le député Marceau, les gouvernements doivent accroître leurs efforts de formation et réduire le fardeau fiscal des entreprises pour leur permettre d'investir davantage dans les outils de travail de leurs employés.
Vous allez me dire que c'est un sujet trop complexe pour en discuter dans un débat de 20 minutes chez Mario Dumont, et vous avez raison. Mais ce n'est pas une raison pour qu'un sujet aussi complexe se résume à casser du sucre sur le dos des syndicats sans chercher à en savoir davantage...
Accommodements...
La semaine était pourtant bien lancée à la période de questions mardi. En réponse au gouvernement Charest qui clame que le Québec souffre moins de la récession que les autres provinces, les partis d'opposition ont fait état des nombreuses mises à pied dans les régions du Québec. Pourquoi fallait-il qu'ils sabordent ensuite leur propre offensive en rallumant la mèche des accommodements raisonnables? Ce n'est pas surprenant de la part de l'ADQ, qui a fait ses choux gras de ce thème sous Mario Dumont. Mais de la part du PQ? Il faut que Pauline Marois et son caucus soient bien mal en point pour tenter de se faire du «capital politique» sur un sujet aussi porteur en démagogie et aussi éloigné des vrais problèmes quotidiens de la population.













