«Je pense qu'il peut sortir des choses assez intéressantes dans les prochains jours pour démontrer que Mme Roy était bien informée», a déclaré M. Taillon en entrevue téléphonique.
Les allégations de Sylvie Roy ont fait un tabac hier à l'Assemblée nationale. Jean Charest s'est levé d'un coup, en lui intimant de donner des noms. Ce à quoi Sylvie Roy a rétorqué que si le premier ministre veut en savoir plus, il n'a qu'à déclencher une commission d'enquête.
Les libéraux étaient furieux. Jean Charest a accusé Sylvie Roy d'abuser de son immunité parlementaire pour salir la réputation de tout le monde. Et Claude Béchard a tenu un point de presse pour jurer que personne au gouvernement n'a profité de l'hospitalité d'Accurso.
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Il y a longtemps qu'on n'avait vu une atmosphère aussi survoltée à l'Assemblée nationale. Sylvie Roy n'a pas rencontré les journalistes à l'extérieur de la Chambre, mais son bureau soutient que l'ADQ a une autre source que Benoît Labonté pour lancer de telles insinuations. «C'est une bonne source qui n'est pas dans le milieu médiatique», a-t-on ajouté en précisant qu'il faudrait attendre quelques jours avant d'en savoir plus. «Je te dirais que c'est assez solide. On n'est pas sur un sol argileux», a conclu un porte-parole de Mme Roy.
L'ADQ va-t-elle à la pêche ou détient-elle des informations sérieuses?
Gilles Taillon refuse d'en dire davantage. «C'est impossible de commenter ça. Je n'ai pas d'immunité, on va laisser travailler les parlementaires. Mais je vous dis de surveiller l'actualité.»
Il rappelle tout de même que les allégations concernant l'industrie de la construction ne sont pas nouvelles. «Toute cette affaire-là, c'est connu depuis longtemps dans le milieu montréalais. Les liens d'Accurso avec la FTQ, dans le monde patronal et syndical, c'est pas des grandes révélations. Les chefs syndicaux menaient une vie de luxe qui était incompatible avec un salaire de gars qui défend les pauvres travailleurs. C'était évident.»
Il réitère donc sa confiance en Sylvie Roy à un point tel qu'on peut se demander s'il n'a pas l'intention de la maintenir au poste de chef parlementaire. «Sylvie est confirmée, elle reste là; tant que je ne prendrai pas ma décision la semaine prochaine, il n'est pas question de la sortir de là.»
«J'étais conseiller économique le printemps dernier quand on a sorti ce dossier-là, sur la nécessité d'une commission d'enquête, ajoute le chef de l'ADQ. J'ai conseillé Sylvie dans ce sens là, alors y a rien qui va changer aujourd'hui.»
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Ce dernier épisode de la saga des scandales montréalais a entaché les travaux des parlementaires toute la semaine. Le gouvernement s'est donné hier un outil pour faire patienter l'opposition. La mise sur pied d'une escouade spéciale pour enquêter sur la construction donnera sans doute des résultats. De plus, la fin de la campagne électorale à Montréal devrait calmer les choses. Mais ce dossier nous a réservé tellement de surprises au cours des derniers mois que l'hypothèse d'une enquête publique ne peut être écartée pour le moment. Le ministre Jacques Dupuis a beau dire que le gouvernement n'écarte pas l'idée d'une telle enquête, il est clair que ce n'est pas son premier choix. Il faudra d'autres révélations scabreuses dans les médias pour l'y contraindre.













