Le ministre des Finances, Raymond Bachand, a déjà dit que la Santé et l'Éducation ne subiront pas de compressions. Dans son scénario, l'ADQ présume que les ministères des Transports, de l'Emploi et de la Solidarité sociale seront également exemptés des coupes à cause des grands travaux routiers déjà engagés et de la hausse du nombre de bénéficiaires de l'aide sociale. Si tel devait être le cas, les autres ministères devraient subir une coupe budgétaire de 7,10 % pour limiter la croissance des dépenses.
À titre d'exemple, ce serait 76?millions?$ de moins à la Sécurité publique, 48 millions $ de moins à la Justice et 15?millions $ de moins à l'Environnement. Vous imaginez la crise? Et tout cela, au moment où les syndicats de fonctionnaires demandent des hausses salariales et que le maire Régis Labeaume veut de l'argent pour un amphithéâtre...
Les chiffres de l'ADQ ne sont peut-être pas exacts, mais ils sont tout de même un reflet de la réalité budgétaire qui nous attend.
Ce matin, le ministre des Finances fera le point sur la situation des finances publiques. Il est déjà acquis que le déficit prévu sera dépassé, mais de combien? La semaine dernière, l'Ontario a annoncé un déficit de 24,7 milliards $! C'était presque le double des prévisions du printemps dernier. En septembre, la Colombie-Britannique a quintuplé ses prévisions de déficit. L'Alberta se dirige vers un déficit de 7 milliards $, et le gouvernement fédéral affiche un manque à gagner de 23,7 milliards $ pour les cinq premiers mois de l'année.
Jean Charest a beau dire que le Québec s'en sort mieux que les autres, on n'y échappera pas. Même le géant américain y goûte, avec un déficit de 1420 milliards $.
Quand la dette des gouvernements croît à un tel rythme, les pressions sur le crédit peuvent entraîner une hausse des taux d'intérêt. Est-ce à dire qu'en plus de subir des hausses de tarifs et de taxes pour rembourser la dette, il faudra éventuellement assumer une augmentation des coûts du crédit? C'est malheureusement dans l'ordre du possible.
Pendant ce temps à l'ADQ...
Gilles Taillon n'a pas été malmené comme Mario Dumont à Tout le monde en parle, mais il n'a pas impressionné. Il faut dire qu'il n'était pas dans un milieu favorable au discours politique, assis entre les humoristes Martin Matte et Stéphane Rousseau.
Mais le principal problème de M.?Taillon, c'est que sa victoire a été trop courte pour lui attirer la sympathie généralement réservée aux gagnants. En fait, M. Taillon se retrouve dans une situation similaire à celle de John Turner après sa victoire à la direction contre Jean Chrétien, en juin 1984. En annonçant la victoire de M.?Turner, la présidente du parti Iona Campagnolo avait déclaré que Jean Chrétien avait gagné le coeur des militants. John Turner ne s'en est jamais remis.
Si on fait exception de sa lutte contre le cancer, le plus grand défi de Gilles Taillon est de présider à la réconciliation des trois groupes qui se sont affrontés pendant la course à la direction du parti. M. Taillon doit annoncer demain à son caucus qui sera le chef de l'aile parlementaire. On dit que Sylvie Roy ne veut plus de cette tâche, et que M. Caire serait intéressé. Quelle décision difficile, et lourde de conséquences... Infoman à la rescousse?











