Peu importe les explications boiteuses présentées vendredi par M. Charpentier, l'exécutif du parti doit demander une vérification serrée et indépendante sur le sujet. À défaut d'élucider cette affaire, le leadership de Gilles Taillon n'a plus aucune crédibilité. Pire encore, l'aile parlementaire du parti sera paralysée dans ses pressions pour forcer le gouvernement à déclencher une enquête sur la construction et le financement des partis politiques. Les députés de l'ADQ seront tournés en ridicule, et avec raison.
Les propos de M. Charpentier laissent entendre que le chef de l'aile parlementaire, François Bonnardel, a été partie prenante à cette opération de financement. C'est une situation très inconfortable pour M. Bonnardel. «PQ-PLQ, c'est du pareil au même», disait autrefois Mario Dumont. On pourra maintenant ajouter l'ADQ à la liste.
Le départ des députés Éric Caire et Marc Picard du caucus était inévitable dans les circonstances. Caire aurait fait rire de lui s'il avait fait semblant de se rallier.
L'ABCD de la souveraineté
C'est un programme ambitieux que Pauline Marois propose à ses militants en vue du conseil national des 22 et 23 novembre. Certains thèmes, comme le rapatriement des compétences en matière de culture et de communication, ne réservent aucune surprise et feront consensus. Il faudra voir, cependant, quels moyens un gouvernement souverainiste aurait pour forcer la main d'Ottawa s'il ne tient pas de référendum. Plusieurs questions posées aux délégués dans le document de réflexion portent sur les mesures à prendre pour enrichir l'offre culturelle. Là aussi tout le monde sera d'accord, même si cela implique de nouvelles dépenses de la part d'un gouvernement déjà trop endetté. Il est facile de dépenser lorsqu'on est dans l'opposition...
Heureusement, il est des domaines où les participants seront appelés à faire preuve de créativité. Quatre exemples :
- Quelles sont les mesures qui seraient susceptibles de favoriser le maintien des familles sur l'île de Montréal?
- Quelles mesures devraient être mises en place pour favoriser l'établissement des immigrants en région?
- Le personnel des centres de la petite enfance devrait-il s'imposer des exigences en matière de langue française dans ses rapports avec les enfants?
- Comment assurer la qualité et la diversité de l'information dans nos médias traditionnels qui sont aux prises avec des problèmes de rentabilité au moment où tout est diffusé gratuitement sur le Web?
Ciel! Les péquistes iraient-ils jusqu'à subventionner mon journal...?
Erratum
J'ai subi les foudres du bureau de Pauline Marois, jeudi, pour avoir écrit qu'elle était à la Santé en 1997, lorsqu'un organisme relevant de ce ministère a accordé un contrat sur invitation de 110 millions $ à une firme contrôlée par Tony Accurso et un collecteur de fonds du PQ, Marcel Melançon. C'était une erreur et je m'en excuse : Mme Marois est arrivée à la Santé en 1998. Ce qui demeure vrai, c'est que ce contrat a fait l'objet d'un décret du Conseil des ministres auquel siégeait Mme Marois, et qu'elle a défendu cette décision à titre de ministre de la Santé, lorsque les médias ont dévoilé l'affaire.



















