Et ensuite? Il aurait pu signaler que Daniel Paillé, dans Hochelaga, a fait légèrement mieux que son prédécesseur Réal Ménard dans Hochelaga, mais il s'est abstenu de le faire.
Le chef du Bloc pose, et se pose, de bonnes questions, en vérité. Je vous le cite dans le texte :
Un : «Est-ce que les électeurs de Montmagny-L'Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup ont profité de l'élection partielle pour envoyer un message en réaction à la démission de Paul Crête, ce qui a provoqué le scrutin?»
Deux : «Cherchent-ils à nous dire par leur désaffection que, lorsqu'on confie le mandat à un député de nous représenter, on souhaite qu'il remplisse ce mandat jusqu'au bout?»
Le message est clair, pas subtil du tout : le chef vient de lire la Loi des mesures de guerre à ses députés et tous sont mobilisés au Parlement fédéral jusqu'aux prochaines élections générales. Terminées, les défections.
J'ajoute toutefois une question pour le bénéfice de sa réflexion : «Pourquoi les électeurs d'Hochelaga n'ont-ils pas voulu punir le Bloc pour la démission de Réal Ménard, fraîchement élu maire de l'arrondissement local?»
Il faut reconnaître aux conservateurs un flair stratégique certain. Ils savent depuis le début que la ville de Montréal est une cause perdue pour eux, ils n'ont jamais tenté d'amadouer les électeurs urbains d'Hochelaga.
Mais le Bas-Saint-Laurent, par contre, se trouve depuis longtemps dans leur collimateur.
La circonscription de Paul Crête avait été ciblée avant les dernières élections comme «prenable», et Stephen Harper lui-même s'y était pointé le nez.
Les espoirs du parti au pouvoir s'y sont effrités à la suite des gaffes sur les jeunes contrevenants et les coupes dans la culture. M. Crête, lui, n'avait jamais cru à cette menace et m'avait même appelé après les élections pour contredire mon analyse.
On voit aujourd'hui que le Parti conservateur avait raison. Un bon candidat - un maire fait souvent l'affaire, comme l'a démontré Denis Lebel dans Roberval - et une promesse d'autoroute ne nuisent pas non plus.
Donné pour mort au Québec il y a quelques mois, le PC a profité de toute évidence de la chute des libéraux. Si Stéphane Dion avait brisé tous les records d'impopularité, Michael Ignatieff fait encore pire que lui.
Le Bloc a besoin de deux adversaires fédéralistes pour espérer gagner des sièges hors de la région de Montréal. Les partielles soulèvent un problème supplémentaire : voué à l'opposition perpétuelle, le parti ne peut rien promettre de concret aux électeurs.
Ajoutons à cela la tendance des partisans nationalistes à bouder les scrutins, et voilà une belle recette pour échouer.
De fait, contre un gouvernement qui distribue les chèques à tout venant, le Bloc ne peut que critiquer, et encore. Même M. Crête a participé à l'annonce de l'élargissement de la route 185, preuve que le projet avait l'approbation générale.
La défense des valeurs identitaires, là où ni rien ni personne ne menace un milieu à peu près uniquement francophone, ne soulève pas les foules comme elle peut le faire dans des générales aux enjeux plus globaux.
L'attrait du pouvoir, par contre, joue à plein. Le nouveau député Bernard Généreux le confirme en affirmant que même s'il ne partage pas toutes les opinions de son parti, il préfère travailler de l'intérieur.
M. Duceppe a du chemin à faire pour contrer ce message.
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