On parle d'une cinquantaine de maisons en rangées datant des années 50 et 60 et dont le tiers des 147 logements est
actuellement vacant.
D'un point de vue urbain, voilà une excellente nouvelle.
La disparition des maisons militaires permettrait de construire de l'habitation de plus forte densité.
En y ajoutant les terrains vacants et les terres agricoles le long d'Hochelaga, de Robert-Bourassa et du chemin des Quatre-Bourgeois, le potentiel de développement du quartier Saint-Denis est considérable.
Quelques milliers de citoyens pourraient ainsi s'installer à portée de jambes des grands pôles d'emplois et de services que sont l'Université Laval, les centres commerciaux, le Centre hospitalier de l'Université Laval (CHUL) et les tours à bureaux du boulevard Laurier. Sans parler de la proximité du transport en commun et des nombreux boisés qui rendent le quartier attrayant. C'est ce qu'on appelle du développement durable.
Là où les choses se compliquent, c'est que la Défense n'est pas prête à céder tous ses terrains, voulant en réserver une partie pour un nouveau Manège militaire avec des bureaux, des aires d'entraînement et des espaces de manoeuvre pour le 35e Régiment de génie du combat.
Celui-ci a déjà un bureau de recrutement sur le boulevard Hochelaga. On comprend que les Forces armées souhaitent maintenir, voire augmenter, leur visibilité à Sainte-Foy.
L'objectif est aussi de rapprocher de l'Université les ingénieurs militaires et les étudiants en génie.
Le problème est qu'un Manège militaire n'est pas l'idée qu'on se fait d'un nouveau quartier résidentiel avec des immeubles de trois à huit étages, comme le prévoit le zonage actuel.
Non pas qu'il soit si difficile d'intégrer l'architecture d'un bâtiment militaire à un environnement résidentiel. On pourra y arriver avec des matériaux et des gabarits appropriés. C'est juste que le coeur de Sainte-Foy est déjà en déficit de logements et que la logique voudrait qu'un maximum de terrains puissent y être consacrés.
Légalement, le fédéral peut faire ce qu'il veut et n'a pas l'obligation de respecter le zonage ni les volontés politiques locales. Dans la pratique,
Ottawa a cependant l'habitude d'agir en bon citoyen corporatif. Des échanges sont d'ailleurs en cours avec la Ville.
Voilà une quinzaine d'années, Sainte-Foy, et plus récemment Québec, souhaitaient densifier le quartier militaire, mais le ministère
de la Défense s'y refusait.
J'ai tenté d'en savoir plus long sur le récent changement d'orientation et sur le projet de Manège militaire.
J'ai obtenu quelques chiffres sur les logements, mais lorsque les porte-parole de la base de Valcartier m'ont invité à prendre contact avec le Bureau des liaisons médias de la Défense à Ottawa, j'ai compris que je n'apprendrais plus rien.
La Défense ne refuse jamais de répondre. Elle s'arrange seulement pour que les réponses n'arrivent pas.
Ou trop tard.
Après des décennies de vases clos, la bonne nouvelle est que les grands acteurs de l'aménagement urbain au coeur de Sainte-Foy commencent à se parler : villes, ministère des Transports, ministère de la Défense, Université Laval, entreprises privées, organismes de transport en commun, etc. La mauvaise nouvelle, c'est qu'il y a beaucoup d'acteurs. Or, on sait que les choses sont toujours plus lentes quand il faut servir les intérêts de chacun.
Il faudra ainsi plusieurs années encore avant que Québec accouche d'un plan d'ensemble pour les quartiers qui jouxtent le boulevard Laurier, entre l'entrée des ponts et l'Université Laval.
Le Canada aura depuis longtemps fini de rapatrier ses troupes d'Afghanistan et de remplir son quartier militaire si cela lui chante, avant le premier coup de pelle sur le boulevard Laurier.















