Nous avons compris des témoignages de cette semaine comme des quelques documents caviardés disponibles que si personne n'a vu de cas de torture, tout le monde savait qu'elle était pratique courante dans les prisons de l'Afghanistan.
En bref, si les Canadiens n'ont rien vu de leurs yeux vus, ils ont quand même pris des mesures pour corriger le tir et assurer le suivi des détenus qu'ils remettaient aux autorités locales. Il n'y avait pas de problème, faut-il croire, et ce non-problème a été réglé en juin 2007!
Le hic de toute cette affaire, c'est que tous les intervenants en Afghanistan, autant autochtones qu'étrangers, savaient que la torture était une pratique courante.
L'année 2006 a été terrible, chaotique, a dit M. Mulroney, qui a admis, contrairement aux généraux, qu'il avait lu tous les courriels que le diplomate Richard Colvin avait expédiés aux autorités fédérales.
Le général Rick Hillier affirmait la même chose : personne n'avait prévu que le transfert de la mission de Kaboul à Kandahar en 2005 aurait pour conséquence d'entraîner les Forces canadiennes dans une véritable guerre de combat.
J'imagine la surprise au bureau de Stephen Harper lorsqu'on y a appris les retombées de cette décision prise par Paul Martin après de longues hésitations, si longues qu'il ne restait plus que Kandahar, justement, les autres alliés s'étant branchés plus tôt et ayant choisi les provinces les plus faciles.
Quand le gouvernement veut retarder une discussion, il dit que les documents pertinents sont présentement à la traduction. C'est vrai, même les francophones, au fédéral, écrivent en anglais.
Mais les courriels pertinents de M. Colvin se traduisent en quelques jours, pas plusieurs mois, et leur publication permettra au moins de savoir ce que le gouvernement savait, à l'époque.
Lancés en plein coeur de la tourmente sans aucune préparation, et peut-être même sans connaître les conventions sur les prisonniers de guerre, les militaires ont pu se gourer.
Une néfaste culture du secret existe dans toutes les armées du monde, les trois généraux l'ont démontré cette semaine. Qu'Ottawa publie les documents d'époque, avec une censure minimale pour protéger des vies, et le public jugera sur pièces.
Harper change d'idée
Stephen Harper change d'idée. Le premier ministre a finalement décidé de se rendre au sommet sur les changements climatiques de Copenhague : inutile de jouer les pisse-vinaigre, disons-lui bravo!
Car M. Harper a plutôt l'habitude de s'obstiner dans son idéologie et de s'enferrer dans ses erreurs. Mais la décision des Américains et des Chinois de participer activement au sommet rendait son absence insensée.
Nous savons tous que la position canadienne dans le dossier environnemental n'a rien de reluisant, et que la clamer bien haut par la bouche du premier ministre ne rehaussera pas notre réputation.
Mais soyons positifs : M. Harper entendra de ses propres oreilles les Européens et les Brésiliens, par exemple, proposer des mesures concrètes pour sauvegarder la planète, des mesures économiquement rentables, également.
Je n'attends pas une conversion totale du premier ministre en faveur de l'environnement, tellement il traîne de casseroles dans ce dossier. J'attends par contre une certaine gêne de sa part, une fois rendu à Copenhague, face à la volonté politique du président Obama et à la dynamique nouvelle en provenance de Pékin.










