La réalité est que l'administration Labeaume va bel et bien couper les dépenses. On parle de 20 millions $ de compressions pour 2010 qui s'ajoutent aux 30 millions $ des deux dernières années.
Dans ce nouveau budget, les dépenses courantes n'augmentent en fait que de 0,5 %, ce qui est nettement sous l'inflation.
Le reste? Des modifications comptables, des contrats qui coûtent plus cher mais surtout, des dépenses nouvelles que l'administration Labeaume a choisi de faire ou qu'elle n'a pas le choix de faire : soutien aux grands événements, aide accrue au RTC et aux services de proximité, hausse du service de la dette pour réaliser davantage de travaux d'infrastructures, hausse des immobilisations payées comptant.
Le budget 2010 ne réserve en cela pas de véritable surprise et est dans la continuité de celui de l'an dernier.
Encore cette année, l'administration aurait pu geler les taxes ou presque, mais a préféré assumer ses choix politiques.
Ce qui rend la chose possible, c'est que Québec profite encore du bon climat économique qui lui permet de toucher 20 millions $ de taxes supplémentaires grâce aux nouveaux immeubles construits.
Mais il faut prendre conscience que la ville vit sur du «temps emprunté». Elle se maintient à flot, mais traîne le «boulet» de ses régimes de retraite.
Le déficit de 300 millions $ provoqué par l'effondrement des Bourses l'an dernier s'est ajouté au coût de base des régimes qui a doublé depuis la fusion et qui va continuer d'augmenter.
Québec va ainsi payer 73 millions $ en 2010 pour ses régimes de retraite. La facture va ensuite grimper au rythme de 10 millions $ de plus chaque année.
Sans parler que le gouvernement a permis aux villes de mettre de côté une partie du déficit creusé par les Bourses. Il faudra rembourser ces factures-là aussi. Une facture qui deviendra chaque année plus lourde.
Le monstre du déficit est là qui guette, prêt à dévorer les budgets de la prochaine décennie.
«Je ne me fie plus aux gouvernements pour l'avenir de la ville», a lancé hier le maire Labeaume.
La déclaration étonne un peu, venant de quelqu'un qui demande 350 millions $ pour un nouveau colisée, qui espère un TGV, un anneau de glace couvert et des centaines de millions pour un futur réseau de transport en commun. Mais on a compris ce que M. Labeaume voulait dire. Les villes jouent un rôle social et économique de plus en plus important. Il faudra «repenser à la distribution des pouvoirs et des montants à gérer», croit-il.
Le modèle de fiscalité municipale reposant sur l'impôt foncier «va atteindre sa limite, la fin de sa vie utile».
Le maire Labeaume reprend en cela le discours qu'ont tenu tous les maires avant lui.
Ce qui est nouveau, c'est que c'est la première fois, je pense, que je l'entendais évoquer pour Québec l'idée d'une «cité-État», en vogue chez les Grecs de l'Antiquité et plus récemment dans les grandes villes d'Europe.
L'administration Labeaume garde espoir de pouvoir réduire encore ses coûts de fonctionnement et améliorer son efficacité. Elle compte en outre sur un «audit» qui sera lancé en début d'année.
Les prochaines économies seront cependant plus difficiles à arracher. «On est allé à coups de hache», mais ce ne sera plus possible à l'avenir. On ne pourra plus y aller «à la chain saw», a prévenu le maire Labeaume.
«À part le maire, il y a de moins en moins de gras» à la Ville de Québec, constate-t-il. Je n'aurais pas osé le dire, mais puisque c'est lui qui en parle.
La chose est presque passée inaperçue, mais je la note aux fins d'archives.
La promesse du maire Labeaume de maintenir la hausse des taxes résidentielles au niveau de l'inflation n'a pas été tenue en 2009.
Cette hausse de taxes (2,3 % en moyenne) fut cinq fois plus élevée que l'Indice des prix à la consommation (IPC) pour la période d'octobre 2008 à 2009 dans la région de Québec (0,5 %). Ce n'est quand même pas un détail.
À la décharge de la Ville et du maire, les taux d'inflation de 2009 ont été particulièrement erratiques et n'ont pas suivi les prédictions.
Cela veut-il dire que les citoyens de Québec ont payé trop de taxes en 2009?
Quand on voit les factures qui s'en viennent, on peut difficilement penser que les citoyens ont payé trop de taxes.
Contentons-nous alors de dire qu'ils ont payé plus de taxes que ce que le maire leur avait promis.










