Clotaire Rapaille «étonnant de profondeur»

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François Bourque
Le Soleil

(Québec) Débarqué à Québec mardi matin, le spécialiste du marketing Clotaire Rapaille a animé, jusqu'à tard en soirée, une première rencontre avec une cinquantaine d'acteurs de la vie de Québec réunis à l'Hôtel de ville.

Il y a présenté sa méthode de travail et son plan de match pour les prochains mois, puis est entré rapidement dans les «contenus».

Il est «étonnant de profondeur», confiait mardi soir un participant frappé par le «sérieux» d'une rencontre qui «déstabilise un peu» mais qu'il décrivait comme «super le fun».

Il y avait dans la salle des gens de communication, de tourisme, des affaires, des arts, de la politique et de l'administration municipale. M. Rapaille a ainsi commencé à prendre le pouls de Québec.

Il repart avant la fin de la semaine, mais revient plus tard au printemps pour un plus long séjour.

Le psychanalyste français aujourd'hui établi aux États-Unis est à la recherche de «codes culturels» qui l'aideront à identifier les spécificités de la région de Québec et à rajeunir l'image de la «Vieille capitale».

Discret pendant la journée de mardi, M. Rapaille rencontre la presse ce matin avec le maire Labeaume.

Une bonne idée.

Au cours des derniers jours, le maire Labeaume a semblé irrité par les questions sur M. Rapaille. Celles des journalistes, puis celles des indépendants au conseil municipal.

Combien coûte le contrat de M. Rapaille? Que va-t-on obtenir en retour? Un slogan, un logo, un plan et des outils de communication? Pourquoi pas une entreprise locale?

Ces questions étaient pourtant légitimes. Il s'agit d'argent public. La Ville de Québec a beau ne payer que le quart des 300 000 $ du contrat, le reste provient aussi d'instances publiques.

Mais ce n'est pas seulement l'argent. C'est surtout que le succès de l'opération image dépendra de l'accueil des citoyens et des acteurs locaux, y compris les médias.

Le meilleur des slogans sera inutile s'il est tourné en dérision, boudé ou ignoré par ceux qui contribuent à vendre Québec et à en diffuser l'image.

Semer la controverse, la suspicion et le secret autour du projet serait un bien mauvais calcul.

Je l'ai déjà dit, j'aime bien l'idée de ce regard nouveau venu de l'extérieur, si on veut changer l'image et le «pitch de vente» de Québec.

Certains auraient préféré confier le mandat à une entreprise locale, mais je n'ai entendu personne mettre en doute les compétences de M. Rapaille. C'est toujours ça de pris. Ce n'est pas la première fois que Québec réfléchit à son image et à la façon de se vendre. Jusqu'à maintenant, l'exercice avait cependant été mené de façon sectorielle.

On vise cette fois plus large. Ce qui augmente le risque d'aboutir à un «slogan creux», trop général et peu spéficique de Québec. Mais le risque en vaut la peine.

À ceux qui doutent de l'utilité d'un nouveau slogan/image, je vous mets au défi de vous souvenir de ceux qui servent actuellement à vendre Québec.

Voyez? Je vous aide alors. L'information est tirée des sites Internet.

- Office du tourisme et des congrès : «Ici, maintenant». En anglais, «Here, now».

- Tourisme Québec : «Bonjour Québec».

- Immigration Québec : «L'immigration, c'est Bienvenue».

- Université Laval : «Viens bâtir ton avenir».

- Ville de Québec : Rien. Pas un mot qui ressemble à un slogan.

- Commission de la capitale : Rien.

- Centre des congrès : «Two love affairs. Love the Centre. Adore the city» et son équivalent en français «Tomber en amour deux fois plutôt qu'une». De loin ce que j'ai vu de plus intéressant.

- PÔLE Québec-Chaudière... : «La ZONE de...» avec les mots «Innovation, Investment, Inspiration», seuls survivants du projet d'image de marque Quebec IQ élaboré il y a quelques années pour 10 000 $ et qui n'a pas eu de suite.

- Saint-Roch : «L'Esprit du Nouvo Saint-Roch».

- Carnaval de Québec : «Le Carnaval vous fait danser».

- Gouvernement du Canada : «Une épopée des plus brillants exploits», avec renvoi vers le site du Québec et ces mots «Quebec Unique, class of it's own».

Vous avez remarqué. Aucune instance publique n'utilise les mots «Vieille Capitale» ou «Cité de Champlain», dont la Ville voudrait se débarrasser. Ce sont les médias qui s'en servent.

Si la Ville veut changer son image, elle devra être gentille avec les journalistes!

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