Privés de vacances

  • Taille du texte
  • Imprimer
  • Envoyer

    Vous pouvez indiquer plusieurs adresses séparées par des virgules.

    Le commentaire peut contenir un maximum de 200 caractères.

    Transfert des données
    Merci:

    Votre message a bien été envoyé!

    Pour envoyer à d'autres amis, cliquez ici

Raymond Giroux
Le Soleil

(Ottawa)  

Il fallait voir et entendre les ministres conservateurs pédaler tout au long de la semaine pour comprendre qu'ils ont enfin saisi l'ampleur du gâchis dont leur chef est le seul responsable.

Selon un sondage de la firme Harris/Décima pour La Presse Canadienne, 39 % des électeurs estiment que le gouvernement a tout simplement pris congé en retardant la rentrée parlementaire.

De fait, hormis le désastre haïtien, le gouvernement a été invisible ou presque tout le mois de janvier. Les libéraux de Michael Ignatieff, eux, se sont agités en convoquant des tables rondes sur tout et sur rien, dans les salons du parlement, et ont réussi à percer dans les médias.

La répétition des images a eu son effet : les deux grands partis se trouvent à égalité dans les sondages pour la troisième semaine de suite, dans une dynamique qui commence à favoriser les libéraux.

Les conservateurs ont multiplié les erreurs et les mauvais jugements. Le désormais célèbre discours anti-Québec de Jim Prentice, à Calgary, a fait sourciller même les commentateurs anglophones, bien en mal d'expliquer le pourquoi du comment de cette «sottise», pour reprendre le mot du ministre.

Le retour sur scène du dossier des détenus afghans a lui aussi fait mal aux conservateurs. Au lieu de se plier à un ordre de Parlement de rendre public tous les documents pertinents, ils ont préféré proroger ce dernier.

Bien mauvaise cause, car les Forces armées, entre-temps, ont mis sur pied une commission d'enquête pour expliquer l'origine de la bavure et se sont engagées à en dévoiler les résultats. Autrement dit, manoeuvre ratée pour les conservateurs.

La prorogation actuelle ridiculise les institutions parlementaires et démontre au passage que le vernis d'homme d'État dont se pare à l'occasion M. Harper disparaît dès les rideaux fermés.

Même la nomination de cinq sénateurs n'a pas franchi la rampe : les deux tiers des électeurs, selon le sondeur Angus Reid, trouvent l'opération hypocrite.

Dans l'affaire de l'enfant soldat Omar Khadr, le gouvernement se moque tout simplement de la Cour suprême. Si l'individu lui-même ne suscite pas spécialement la sympathie des masses, n'empêche que personne n'est dupe.

Ottawa a violé et viole toujours ses droits fondamentaux, et comme aux dernières nouvelles, nous ne vivons pas dans une république de bananes, il doit être rapatrié et jugé chez nous.

Face à cette descente aux enfers, les conservateurs ont pris les grands moyens, cette semaine : ils ont tenté de communiquer avec les médias.

Un, ils nous ont annoncé, à titre exceptionnel, la tenue de la réunion du comité ministériel des plans et des priorités, qui regroupe les ministres qui comptent à Ottawa.

Deux, ils nous ont offert en pâture des ministres pour faire comprendre le message, dans les deux langues officielles, que «le premier ministre et des ministres de premier plan sont au travail» : je n'invente rien, Christian Paradis et Tony Clement l'ont eux-mêmes dit.

La perception, en politique, est aussi importante que la réalité. Je n'ai aucun doute que les ministres travaillent à fond de train, que le Parlement siège ou non.

Habituellement, la cote des conservateurs remontait lorsque le Parlement ne siégeait pas. Cette fois, non.

En annulant la relâche normale, M. Harper tente de réécrire l'histoire. Mais il a perdu le très sacré momentum dont aucun chef de parti ne saurait se passer.

publicité

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer