Le gouvernement Charest serait-il délibérément pessimiste afin de faire payer davantage ses contribuables? Ou serait-il irresponsable en offrant des hausses de salaires dont il n'a pas les moyens?
Il y a là, à tout le moins, une apparence de contradiction. C'est une situation qui n'aidera guère les syndicats de fonctionnaires à obtenir des concessions supplémentaires de la part du gouvernement du Québec.
La question des finances publiques annonce par ailleurs de beaux débats à la reprise des travaux parlementaires, cet après-midi.
Le contexte s'y prête bien. Le PQ sera en congrès en fin de semaine prochaine pour discuter d'économie, et le ministre Raymond Bachand planche sur les derniers détails de son budget 2010-2011.
Pour l'ADQ, la question est simple : le gouvernement doit réduire ses dépenses. Le PQ, qui aspire au pouvoir dans trois ans, ne peut pas tourner les coins aussi rondement.
Le décès d'un patient en attente d'une chirurgie cardiaque, vendredi à Montréal, a bien illustré la nécessité de continuer à investir dans les services publics. La tragédie de Walkerton - qui a fait sept morts en mai 2000 en Ontario - ou celle du viaduc de la Concorde - qui a coûté la vie à cinq personnes au Québec en 2006 - ont montré les risques inhérents à des services publics sous-financés.
Le débat annoncé par le PQ en fin de semaine prochaine ouvre d'ailleurs la porte à une hausse et non pas à une baisse des revenus de l'État. La question, pour les péquistes, porte davantage sur le choix à faire entre les hausses d'impôt et l'augmentation des tarifs et des taxes à la consommation. Dans un cas comme dans l'autre, cela se traduirait par un effort fiscal accru pour les contribuables.
Du front tout le tour de la tête
Après avoir escamoté la dette de leur minisommet sur l'économie, à la fin de janvier, les libéraux ont reproché hier au PQ de taire ce sujet lors de leur colloque de la fin de semaine prochaine sur la création de la richesse. Nathalie Normandeau et Clément Gignac ont demandé à Pauline Marois de refaire ses devoirs. C'est un peu surprenant... C'est vrai qu'il y a des contradictions dans le document de réflexion du PQ, mais ce n'est justement qu'un document de réflexion.
Les péquistes, au moins, ont le courage de demander à leurs militants de choisir entre les hausses d'impôt et une majoration des tarifs et des taxes à la consommation. Après leur sommet décevant de janvier, les libéraux n'ont pas de leçon à donner.
Et les femmes
Nathalie Normandeau a eu plus de succès lorsqu'on lui a demandé si elle partageait l'opinion de Pauline Marois sur la place des femmes en politique. La chef du PQ a répété en fin de semaine que le fait d'être femme lui nuisait dans son travail et qu'elle avait dû changer sa façon de s'habiller pour mieux prendre sa place dans un monde d'hommes.
Nathalie Normandeau s'est dissociée de cette déclaration.
Ce n'était pas très habile de la part de Mme Marois; ça faisait un peu plaignarde. Ce n'est pas le genre de message qui incitera d'autres femmes à se lancer en politique. C'est en faisant état des avancées des femmes en politique - et il y en a - qu'on les aidera à y prendre leur place.









