Les assauts quotidiens des amis de Stephen Harper sur le law and order, en ânonnant à répétitions des initiatives fondées sur la plus basse démagogie, dans le meilleur des cas, épuisent ma patience.
Lundi, par exemple, Stephen Harper pique une crise, outré d'apprendre que Karla Homolka a le droit de demander un pardon cette année. Conséquence : allez, ordonne-t-il au ministre de la Sécurité publique Vic Toews, il faut changer la loi, malgré l'odieux de voter des lois personnalisées.
Le même jour, retour sur scène du projet de loi éliminant la clause de la «dernière chance» concernant le droit à la libération conditionnelle anticipée pour les meurtriers.
Peu importe le niveau de réintégration des individus, ce sera 25 ans minimum au nom des droits des victimes. Mais si on aidait ces dernières, au lieu de les conforter dans l'esprit de vengeance? Ne posez pas la question au sénateur Pierre-Hugues Boisvenu, son idée est faite.
Mardi, M. Toews revient avec un projet de loi défendant les victimes d'actes terroristes qui prévoit la constitution d'une liste de pays suspects. Faites confiance aux conservateurs, nous aurons des surprises sur la liste.
Mercredi, repos du guerrier. Il faut laisser la place à la comparution aux effets encore imprévisibles à ce moment de Rahim Jaffer. Constat : le gouvernement a bien fait de ne rien faire, M. Jaffer a accaparé toutes les nouvelles.
Jeudi : reprise de l'assaut contre la détention à domicile pour les crimes graves, et en passant contre le libre choix des juges à déterminer les peines. La justice se politise.
Mais connaissez-vous beaucoup de «criminels qui purgent leur temps sur la bavette du poêle», comme a lancé le député Steven Blaney sous les applaudissements chaleureux de ses collègues?
Ces gens-là, un jour, demeureront en prison, car il s'agit là d'un des seuls postes à la hausse dans le dernier budget Flaherty. À une époque où jamais le taux de criminalité n'a été aussi bas, ce dossier n'intéresse qu'une frange de l'électorat qui vote déjà pour le Parti conservateur.
À preuve d'ailleurs, les conservateurs doivent se poser eux-mêmes des questions, au Parlement, parce que personne d'autre ne le fait, le sujet étant hors d'ordre hors de la base électorale réformiste.
Et hier, enfin, dernier assaut de la semaine, rebelote contre le terrorisme en simplifiant les procédures d'emprisonnement. Et cerise sur le gâteau, ils se vantent de leur semaine de travail, par la voix du député Daniel Petit.
Que le peuple s'amuse
Grand défilé des athlètes olympiques canadiens rue Sainte-Catherine, à Montréal, hier midi (faute de Coupe Stanley...). La veille, sympathique cérémonie d'hommage au Parlement fédéral, où les députés ont accepté à l'unanimité de suspendre toutes les règles du jeu pendant 15 minutes pour applaudir les médaillés.
Même les bloquistes, Gilles Duceppe en tête, ont joué le jeu et s'ils n'ont pas entonné le Ô Canada avec les autres, ils ont rompu avec leur habitude et sont restés à leurs sièges pour saluer - avec enthousiasme - les athlètes.
Aucun discours, seulement une lecture de la liste d'honneur des visiteurs sur le parquet des Communes devant des députés restés debout durant toute la cérémonie, et une autre salve d'applaudissements à la fin.
Qu'en conclure, sinon que le gouvernement aime amuser le peuple, selon la recette traditionnelle du pain et des jeux, et qu'à l'occasion, le peuple aime être amusé au-delà des différends politiques?










