Le tramway sur la colline parlementaire

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Le tramway Labeaume
Le tramway Labeaume

L'arrivée du tramway transformera profondément la capitale, anticipe le maire Régis Labeaume. Présenté le 10 juin 2010, le projet qui coûterait 1,5 milliard$ favoriserait les écoquartiers et la densification de la ville. Le maire espère que Québec pourra prendre le tramway en 2020, à temps pour de futurs Jeux olympiques. »

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Un embranchement du tramway montera sur la colline... (Photothèque Le Soleil, Steve Deschênes)

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Un embranchement du tramway montera sur la colline parlementaire, probablement par la côte d'Abraham (photo), pour se rendre jusqu'aux Plaines.

Photothèque Le Soleil, Steve Deschênes

François Bourque
Le Soleil

(Québec) Le projet de tramway sur lequel planche Québec entrera en ville par le boulevard Charest jusque dans Saint-Roch, où la ligne se divisera.

Un embranchement montera sur la colline parlementaire, probablement par la côte d'Abraham, pour se rendre jusqu'aux Plaines.

Un second embranchement prendra la direction de la Pointe-aux-Lièvres et du futur amphithéâtre à ExpoCité. Il pourrait alors se diviser encore pour desservir D'Estimauville et d'autres quartiers comme Lebourgneuf.

Le Soleil a appris que les parcours Métrobus actuels en haute ville seront maintenus et que de nouvelles lignes de transport en commun seront déployées pour «rabattre» les voyageurs vers le tramway.

Les détails du projet seront dévoilés le 10 juin lors du dépôt du rapport du comité sur la mobilité durable.

Le Soleil avait révélé en fin de semaine dernière que le comité proposera un tramway qui partirait de la Rive-Sud, traverserait le pont de Québec et suivrait le boulevard Laurier jusqu'à la Cité universitaire, avant de descendre sur Charest par la côte Nérée-Tremblay.

La traversée du pont se ferait par des rails implantés dans la chaussée carrossable. Un système de signalisation stopperait les voitures le temps de laisser passer le tram.

Un projet de tramway ne fera évidemment jamais l'unanimité. On a senti cette semaine qu'il avait piqué la curiosité et soulevé plusieurs questions, mais on n'a pas vu de levée de boucliers.

Des sondages ont déjà montré que plus des deux tiers des citoyens de Québec étaient favorables à l'idée d'un tramway.

Les questions des derniers jours ont porté essentiellement sur deux points :

1) Québec a-t-elle besoin d'un tramway?

2) Par où devrait-il passer?

1) La première question divise les partisans de l'auto et ceux du transport en commun.

Les groupes favorables au tramway plaident que les lignes Métrobus sont engorgées aux heures de pointe et qu'un tramway est désormais nécessaire pour améliorer le service et accroître la proportion des déplacements en transport en commun à Québec (10 % actuellement).

Ils rappellent qu'avec plus de 50 000 passages par jour dans les corridors Métrobus, Québec est bien au-delà des seuils où d'autres villes choisissent de remplacer l'autobus par un tramway.

S'ajoute l'argument de la protection de l'environnement et du développement urbain, les effets structurant d'un tramway étant indéniables.

Un tramway pourrait aussi jouer un rôle fédérateur dans la région et contribuer à l'image de modernité et de ville verte que recherche Québec.

Derrière tout cet argumentaire, il y a l'idée que le transport urbain est un enjeu collectif.

Les opposants au tramway sont convaincus que les citoyens de Québec préféreront toujours l'auto et que le transport en commun est une solution du pire, celle des pauvres, des étudiants et de ceux qui n'ont pas le choix.

Ils souhaitent que l'argent public serve à élargir et à prolonger les routes, à construire au besoin un nouveau pont ou un tunnel sous le fleuve. Mais pas à payer un transport en commun coûteux qui sera toujours déficitaire. Sur le plan comptable, il faut ici leur donner raison : un système de transport en commun ne sera jamais rentable si on prend en compte seulement l'opération de transport de passagers.

Les partisans de l'auto oublient cependant de dire que le réseau routier est lui aussi financé par les fonds publics, hormis les contributions des automobilistes pour l'immatriculation, le permis de conduire et les taxes sur l'essence.

Derrière l'argumentaire des opposants au tramway, il y a l'idée que le transport urbain est une affaire de choix individuels.

2) Par où faire passer le tramway? La seconde question n'avait pas fait l'objet de beaucoup de débats à ce jour.

Il était tenu pour acquis qu'un éventuel tramway devrait passer par la colline parlementaire, dans le corridor actuel des Métrobus.

Le projet que s'apprête à déposer le comité sur la mobilité durable proposera plutôt un trajet par le boulevard Charest.

On a senti que les partisans de longue date du tramway avaient été déstabilisés, comme l'ont montré leurs réactions mitigées des derniers jours.

Ils se réjouissent que le maire Labeaume semble aujourd'hui s'être rallié à l'idée du tramway.

Ils adhèrent à l'idée de développer et de densifier le secteur du boulevard Charest, entre Robert-Bourassa et Marie-de-l'Incarnation.

Ils croient eux aussi qu'un tramway peut contribuer à ce développement, même si cela risque de prendre des années.

Ils trouvaient cependant inconcevable qu'un tramway ne desserve pas la colline parlementaire et le siège du gouvernement. Surtout que c'est le gouvernement qui sera appelé à payer, pourrait-on ajouter.

Inconcevable aussi de ne pas desservir le Centre des congrès, le Vieux-Québec et les grands événements comme le Festival d'été?

L'option de desservir la colline par la côte d'Abraham plutôt que par le plateau de la haute ville va peut-être atténuer certaines appréhensions.

Je reste cependant convaincu que le premier choix des partisans du tramway aurait été une ligne en haute ville dans le corridor université-colline parlementaire. On parle ici d'un tronçon de 5 km.

Vérification faite, Bombardier n'est pas dans le décor du projet de tramway de Québec. Enfin, pas encore et certainement pas dans le rôle qui a été évoqué cette semaine : celui d'un projet privé dans lequel Bombardier prendrait à sa charge les investissements et les opérations. Cela n'a jamais fait partie des hypothèses.

La suite la semaine prochaine.

 

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